Terminé l’échauffement du jeudi, nous sommes présents dès l’ouverture des portes en ce deuxième jour. Si chaque scène assure un line-up autour d’un genre majeur comme toujours, c’est surtout la Mainstage 1 qui rassemble en une unique journée l’entièreté du Heavy Metal de l’édition, et on va en avoir pour notre argent et notre temps !!!
IMPUREZA [Photos : Shatenewton]
L’Altar s’éveille au son des guitares flamenco et du death metal d’Impureza.
On attaque cette 2nde journée par les tentes avec les Orléanais d’Impureza et le Death Metal au parfum latino. Nous les découvrions à Châteauroux en 2022 et sommes bien heureux de les retrouver ici sur l’Altar. Depuis, leur 3ème album Alcázares est sorti en 2025. Toujours dans la même lignée de ce Death Metal Flamenco aux titres toujours plus longs, toujours plus bons.
Premier démarrage à 10h30 et les bon nombre de festivaliers répondent présents. Côté scène, un réel effort est fait et les 2 guitares Folk sur pied sont toujours du plus bel effet. Elles font d’ailleurs une intro qui donne le ton immédiatement pour les nouveaux venus. Esteban aurait peut-être mérité une mise en avant un peu plus prononcée face à une armada de cordes. Cela n’empêchera pas le public de rapidement se faire embarquer par ce rythme endiablé.

DRAGUNOV [Photos : Shatenewton]
Entre lourdeur et contemplation, Dragunov offre une parenthèse singulière à la Valley.
On file vers la Valley pour la 1ère fois du fest pour le duo nantais Dragunov et leur Post Metal à l’ambiance post-apo Soviet. Formé en 2013, ils sortent leur 3ème album, Vepr, en 2024, toujours dans la même ambiance mais commencent à inclure ponctuellement de la voix alors que le projet est instrumental à la base.
Que c’est agréable de divaguer à cette heure-ci. On retrouve le duo déjà bien observé pour l’heure. La performance est validée comme il se doit, chacun interchangeant leur instru régulièrement. Peut être un peu déçu de la sobriété du visu par rapport à ce qui est vendu sur le papier mais en même temps avec une telle chaleur.

WAKE THE DEAD [Photos : Shatenewton]
Les Marseillais de Wake The Dead donnent un sérieux coup d’accélérateur à cette matinée
On poursuit notre démarrage 100% frenchies avec les Marseillais de Wake The Dead et leur Hardcore moderne. Formé en 2010, le line-up évolue jusqu’en 2024 avec l’arrivée d’Aleksandra qui marque le dernier grand changement du groupe mais aussi une nouvelle ère musicale, encore plus incisive et mélodique, tout en restant fidèle à leurs racines Hardcore. Leur dernier disque, The Great Disappointment, sorti en octobre dernier, est la matérialisation de ce renouveau.
Une de nos très rares traversées entre les scènes alternative se passe également sans souci à cette heure matinale. Les pavés sont déjà bien recouverts. Le Flow et le sourire jusqu’aux oreilles d’Aleksandra font mouche rapidement. Ça mouline déjà de bon matin.

MOURIR [Photos : Shatenewton]
La Temple s’éveille dans une noirceur oppressante avec Mourir
Démarrage de la Temple avec le Black Metal des Toulousain de Mourir. Formation créé 2019, ils présentent déjà 2 albums bien ancrés dans une ambiance profonde et anxiogène. Leur 3ème album, Nous, Le Venin, prévu pour juillet prochain, s’annonce déjà bien oppressant encore une fois avec la découverte du 1er titre éponyme, et la bagatelle des 10:10 qui le composent.
Ça démarre fort également sous la Temple. Le son est vraiment propre en ce début de matinée, les petits pépins de la veille semblent déjà très loin. Les 4 sudistes font vraiment le taf et les gens se ramènent donc naturellement.

ESODIC [Photos : Shatenewton]
L’Altar accueille Esodic pour une première historique venue de Jordanie.
De retour sur l’Altar pour un peu Trash Death Oriental avec Esodic. 1er groupe de Metal jordanien à se produire au Hellfest, ils ont également découvert les scènes françaises en janvier dernier. Connus dans une 1ère phase sous le nom de Purgatory avant de rapidement prendre leur nom actuel, leur discographie se composent actuellement de 2 EP et 1 Split (avec Generichrist).
Un peu plus clairsemé par rapport aux ouvertures françaises, mais les premières rythmiques bien saccadées et le chant bien gras de Austin Burleigh rappellent tout le monde. Ça se termine bien plein et à raison.

GRIDIRON [Photos : Shatenewton]
Retour à la castagne à la Warzone avec le groove massif de Gridiron.
Retour à la castagne assurée côté Warzone avec les Américains de Gridiron et leur Hardocre Rap. Né en plein Covid des mains de membres de divers groupes (Payback, Never Ending Game et Year Of The Knife), le projet a aujourd’hui, plus que jamais, dépassé le stade de simple moment entre potes. Le Groove et le Flow nous rappellera un peu nos amis de ROTN.
Petite intro sur Who Let the Dogs Out. Un bon titre d’acclimatation pour que le Flow se mette en place et la machine à pains est en route. Ça casse de la nuque sur du Rap simple et efficace.

WINGS OF STEEL [Photos : Vassago]
Révélation de la nouvelle vague de Heavy Metal Tradi, Wings of Steel se forme en 2019 avec pour inspiration des mastodontes des années 80 comme Judas Priest ou encore Queensrÿche (que nous retrouverons plus tard). Leurs 2 albums sont décortiqués ici (Winds Of Time et Gates Of Twilight). 1er passage au Hellfest mais déjà dans des horaires qui commencent à être intéressants.
Les américains entrent dans le grand bain par la grande porte, directement en Mainstage de la journée dédié au Heavy Metal. Malgré un petit problème de son au démarrage le groupe fait une démonstration de savoir faire et prend la pose. Le public n’aura pas raté l’occasion de venir découvrir un groupe qui représente sans doute l’avenir du Heavy Metal mélodique. La relève est là !
Live à faire !!!

KILLUS [Photos : Shatenewton]
Killus impose son shock Rock futuriste sous la Temple.
Une première dose de Metal Indus côté Temple avec nos voisins espagnols de Killus. Ils se présentent comme une entité transdimensionnelle, piochant dans une esthétique théâtrale et futuriste sur des sonorités oscillant entre Metal Moderne, Electro et Shock Rock.
Les retardataires sont désormais refusés aux bâches. Il faut dire que le son est fort sympathique et que nos amis ibériques ont une sacrée gueule dans leur genre. Encore une fois musicalement c’est propre, les mecs s’éclatent sur scène et Javi a une sacrée présence vocale et humaine. Un plaisir pour les photographes. Ça termine sur une reprise de Gimme! Gimme! Gimme!

CRYPTA [Photos : Shatenewton]
Crypta fait grimper la tension dès les premiers screams.
On poursuit sous les tentes avec les dames du Death de Crypta, rare groupe full girl de cette édition. Anciennes membres de Nervosa, Fernanda Lira et Luana Dametto forment ce groupe très rapidement après leur départ, pour une vision du Death Metal plus en adéquation avec leurs envies d’un rafraîchissement du genre.
Les sifflets du public en attente sont légèrement différents de ceux adressés aux autres groupes. Ces gens ne sont pas là par un hasard de divagation. Les brésiliennes savent se faire désirer avec un intro particulièrement longue pour la durée du set. Il faut même attendre un peu plus avant d’entendre la douce voix de Fernanda, petit problème de son. Le publique exulte dès le premier scream amplifié.

BROTHERS OF METAL [Photos : Vassago]
Brothers of Metal déclenche une vague épique et fédératrice sur la grande scène
Il est temps de passer au Metal avec un grand M dans sa version la plus grandiloquente qui soit. Savoureux mélange de Power Metal Epique et Viking Metal Théâtral, tous les ingrédients sont rassemblés pour un effet de masse devant la grande scène. Les suédois de Brothers of Metal devraient être un point de ralliement pour tous ceux qui cherchent des grandes envolées puissantes à s’étouffer avec le sourire de ses cheveux pleins de bière.
On tombe sur 3 énergumènes aux chants qui s’éclatent et amusent une fosse bien pleine de leur côté. Les titres entrainent tout le monde sans difficulté. Un ectoplasma se cachera même sur scène. Scandinave épic oblige, ça envoie du sköll de partout et hasard du calendrier,ils souhaitent un bon midsommar en cherchant désespérément quelques compatriotes. Un final attendu avec Yggdrazil

SORTILÈGE [Photos : Shatenewton]
Le Heavy Metal français reprend ses droits avec Sortilège.
Pilier du Heavy Metal français, Sortilège se forme au début des années 80. Ils sortent rapidement 3 albums en français et les 2 derniers auront également droit à leur version anglaise. Ils se séparent presque dans la foulée pour diverses raisons. Ils reforment en 2019 avant de voir le line-up se scinder en 2 “Sortilège”. Aujourd’hui, le groupe est mené par Christian Augustin, seul représentant de la formation originelle. Nous les croisions en 2024 au Théâtre Antique de Vienne pour une date exceptionnelle avec Scorpions
Dès les premiers pas sur scènes, les mecs sont jouasses de l’accueil qui leur est fait. Le show s’emballe directement. Y a pas photo, en français c’est le top. Comment ne pas aller chasser en dragon ou mourir pour sa princesse avec ces messieurs.

TESSERACT [Photos : Shatenewton]
La Mainstage bascule dans une mécanique complexe avec Tesseract.
On reste sur les scènes principales et on fait un bon diamétralement opposé dans les genres. On quitte l’émotion originelle du Heavy pour la froideur chirurgicale et mathématique du Djent Prog de Tesseract (en même temps, avec un nom pareil…). Pionnier de la phase moderne du genre, ils martèlent leurs syncopes depuis plus de 20 ans au travers de leur 5 albums. On les croisait également en 2024 au Forum de Vauréal.
Journée Heavy et gap entre les groupes, il est encore bien facile de changer de main. On sent bien qu’une partie du public est perdu face à cette déstructuration rythmique. Pourtant les phases Djent sont tout simplement irrésistibles. Impossible de rester impassible. Les premiers circle pit sautillants font d’ailleurs leur apparition dans la seconde. Daniel Tompkins coupera la fosse en deux juste avant notre départ. L’histoire ne dit pas si elle s’est réunie un jour.

BLOOD RED THRONE [Photos : Shatenewton]
La violence brute de Blood Red Throne reprend possession des tentes.
On retourne un peu sous les tentes pour reprendre un peu de violence brute avec Blood Red Throne. Habituée à accoucher de groupe de Black par portée de 12, on est bien en face d’un beau spécimen de Death Metal de cette belle Norvège et cela fait déjà plus de 25 ans que ça dure. On peut même parler de pilier du genre non mélodique scandinave.
II est vrai qu’une fois face à nos grands Vikings, les voir jouer une musique centrée autour d’une simple brutalité est aussi bien agréable. Comme quoi les géants du Nord peuvent aussi être basiquement violents, sans artifice et super intéressants à voir.

POINT MORT [Photos : Shatenewton]
Entre mise en scène florale et explosion sonore, Point Mort captive la Temple
On retrouve des tête connues avec les parisiens de Point Mort et leur Chaotic Popcore Post Hardcore. En effet, cela fait 3 ans que nous les retrouvons, chaque année, en fest (WE Metal Fest 2025 Plane’r Fest 2024, Xtreme Fest 2023). Chacune de leur prestation est différente des autres, comme empreinte d’une émotion propre à l’instant. Quel sera le résultat de cette nouvelle étape?
Petite mise en scène pleine de fleurs pour une ambiance presque printanière. Sam arrive dans sa petite robe rose telle une petite demoiselle d’honneur. Et puis elle ouvre la gueule. On se fait prendre à la gorge par ce petit bout de femme faussement juvénile. Les gars autour d’elle ne sont pas là pour faire de la figuration non plus. C’est impactant rythmiquement et propre techniquement.

QUEENSRŸCHE [Photos : Vassago]
Queensrÿche s’impose comme le pont entre Heavy classique et Metal progressif.
Présentés comme piliers du genre au côté de Dream Theater (excusez du peu), avec également plus de 45 ans d’existence, Queensrÿche s’orientent vers une approche bien plus théâtrale avec une capacité certaine pour les élans mélodiques et la technique, le tout au service d’une narration soignée. On leur prête également d’être le lien entre Iron Maiden et le Metal Prog moderne. Un petit extrait ici de leur passage au Trianon l’année dernière.
Au sein d’un line-up Heavy, on sent bien qu’ils peuvent y avoir leur place sans contestation tout en sortant du cliché du genre avec des variations propre au Prog, ce qui apporte une réelle fraîcheur musicale. N’en déplaise aux puristes du jour, moi je passe un surprenant bon moment.

BLOODYWOOD [Photos : Shatenewton]
Bloodywood transforme le pit en chaos jubilatoire parfaitement maîtrisé.
Très belle surprise de l’édition 2023 (nous étions trop peu à avoir entendu notre réveil), les gars de Bloodywood devraient nous en mettre encore une fois plein les mirettes avec leur Nu Metal Folk sauce indienne. Tout juste la décennie passée, ils embarquent déjà 3 albums dans leur style inimitable. Le dernier en date, Nu Delhi, sorti en 2025, a quelques lignes qui lui sont dédiées ici.
Pas besoin de tergiverser, justice à été rendue. Enfin à une place justifiée pour l’engouement qui les entoure. Le public valide également de manière expresse. Toutes les manifestations possibles côté public y passeront. On verra un slammeur surfer sur un autre, belle note artistique. La sortie de fosse interminable n’est qu’une preuve supplémentaire qu’ils méritent au moins cette place.

SINSAENUM [Photos : Shatenewton]
Supergroupe d’exception, Sinsaenum frappe fort pour sa première apparition à l’Altar.
1er passage de ce supergroup qu’est Sinsaenum. Que du beau monde au menu, Fred Leclercq (Kreator), Stef Buriez (Loudblast), Attila Csihar (Mayhem), Heimoth (Seth), Sean Zatorsky (Dååth) et André Joyzi (ancien Drum Tech du regretté Joey Jordison qui été à l’origine du projet avec Fred). L’idée ici est un mélange de Death Metal, Black Metal et d’influences modernes très agressives.
Les pointures sont au rendez-vous, comme le public sur l’Altar. Notre Fred national reste tout de même le chouchou ici. Espérons que le projet tienne dans le temps parce que ce qu’ils proposent tient vraiment la route.

DYING WISH [Photos : Shatenewton]
La Warzone encaisse une nouvelle salve de violence avec Dying Wish.
A la croisée du Metalcore mélodique et du Hardcore agressif, voici Dying Wish, groupe américain formé il y a une petite dizaine année derrière la charismatique Emma Boster. Ils pourraient faire l’unanimité au sein des fans de groupes comme As I Lay Dying (qui ne savent plus sur quel pied danser aujourd’hui) ou encore Malevolence (qui seront sans doute déjà présents pour profiter du groupe).
La Warzone nous accepte encore à cette heure-ci. Et il ne fallait pas être en retard pour le lancement. Ça envoie du bois sans concession. Emma et ses 2 compères coté chant nous laisse sur le cul pendant que l’instru martèle de gros riffs bien lourds.

ACCEPT [Photos : Vassago]
Accept célèbre un demi-siècle de Metal avec une Mainstage en mode légende.
A l’origine du Metal européen au côté de légendes comme Scorpions et Judas Pirest, Accept souffle cette année la broutille d’un demi-siècle de carrière. L’occasion de sortir le très intrigant Teutonic Titans 1976–2026, album collaboratif avec des grand noms dans tous les sens, des tauliers cités précédemment aux grands noms actuels tels que Ghost, Testament ou encore Panthera tout en se payant le luxe d’une participation d’un membre chaque groupe du Big Four. Nous étions là lors de leur dernier passage en 2023 et espérons à nouveau une belle surprise.
Rdv forcément attendu en cette année anniversaire, le public est présent en masse pour leur performance. L’énergie est là et ça tease sur ce fameux album via un premier titre avec Todd La Torre de Queensrÿche. Le public reprend régulièrement les riffs. Puis, un nouveau guest en la personne de Fredrik Åkesson, guitariste d’Opeth pour un trio de solo bien maîtrisé.

SEPULTURA [Photos : Shatenewton]
Sepultura signe ses adieux français sur une Mainstage chargée d’histoire.
Morceau d’histoire vivant du Thrash et même du Metal en général, les brésiliens de Sepultura sont pourtant au bout de leur aventure. Annoncée en 2024, Celebrating Life Through Death scellera cette carrière monumentale le 7 novembre prochain, chez eux à São Paulo, après 40 ans d’existence. Passés il y a 4 ans déjà sur l’Altar (une trace ici), on a la chance de vivre leur dernière date française ce soir sur la mainstage.
Pour une fois pas d’intro sur les mains, on est pris à sec dès les premières secondes. Les gars lâchent tout ce qu’ils ont pour cette dernière. Et d’ailleurs, c’est quoi cette moustache M. Green. D’autres groupe nous attendent, nous disons donc adieu à cette mythique formation.

SYLOSIS [Photos : Shatenewton]
Circle pits en série : Sylosis fait trembler l’Altar
On retrouve sur l’Altar les britanniques de Sylosis. Mélange rare de Thrash moderne, Prog et Death, ils se sont forgés une identité unique depuis plus de 25 ans et sont considérés aujourd’hui comme le fleuron du Thrash moderne mondial . Leur 7ème album, The New Flesh, sorti en février dernier, affiche leur volonté de repousser encore un peu plus le curseur d’un son tranchant et d’une technique affinée. Nombreux sont ceux à penser qu’il s’agit de leur meilleur production depuis leur iconique Dormant Heart de 2015
Arrivé enfin devant l’écran de l’Altar, c’est autant le bordel dedans que dehors. Rares sont les groupes qui font slammer à profusion sur l’Altar et là c’est un tsunami avec des circle pit un peu partout en guise de syphon.

CARACH ANGREN [Photos : Shatenewton]
Carach Angren brouille les frontières entre Metal et mise en scène théâtrale
On enchaine sous les tentes avec un nouveau mix rare dans sa pertinences avec les Hollandais de Carach Angren et leur Black Metal Symphonique. Cette fusion de genre menant forcément à un aspect cinématographique marqué n’a que très peu fonctionné à ce niveau là. Ils peuvent se targuer d’appartenir à un cercle très fermé avec des pontes comme Dimmu Borgir ou encore Cradle Of Filth.
Thrash et Black ne faisant pas forcément bon ménage, la Temple permet temporairement d’être traversée, mais nous sommes encore bien nombreux pour accueillir ces Hollandais grimés. Musicalement parlant, c’est vraiment intéressant, l’aspect symphonique permettant d’adoucir la raideur du Black. Et concernant les phases d’orgue au synthé, elles renforcent le sentiment lugubre recherché visuellement par le groupe.

DECAPITATED [Photos : Shatenewton]
Retour à la violence pure avec Decapitated et son Death Metal sans compromis.
On insiste sous les bâches avec les Polonais de Decapitated. Monuments du Death Metal Technique moderne, ils nous fracassent leur rythmique violente et acérée depuis maintenant 30 ans. Pourtant cela aurait pu s’arrêter brutalement en 2007 suite au décès de Vitek, membre fondateur du groupe, dans un accident de voiture en Russie. Le groupe marquera un arrêt logique dans leur carrière prometteuse. Ce n’est qu’en 2009 que Vogg, l’autre membre originel du groupe, relance une formation avec une équipe renouvelée.
S’il y a des groupes qui parfois portent un nom pas forcément très explicite et peuvent donc piéger le public, ça ne sera pas le cas ici. On voit clairement que les gens sont là pour du bourrin et c’est ce qu’ils vont avoir. Le batteur est en train de se consumer lui même tellement il envoie des pieds et des mains en terme de vitesse. Les grattes génèrent une sorte de mur sonore tangible et le growl d’Eemeli Bodde, d’un gras presque doux à côté, nous engueule non stop. A d’autres moments, ils arrivent à générer un mosh pit à un tempo complément con… mais ça marche.

LOATHE [Photos : Vassago]
La Valley se laisse happer par le Metal imprévisible de Loathe
On migre vers la Valley pour Loathe et leur vision unique du Metal. Enchevêtrement unique de mélodie, violence et phase atmosphérique, les Britanniques inclassables ne permettent qu’un seul consensus, l’impossibilité d’en atteindre un sur leur musique. Leur 4ème album, A Stranger to You, prévu pour le 7 juillet prochain, attendu depuis un bon bout de temps par leurs fans, ne devrait pas aider à cela. Nous étions conquis par leur passage en 2023 en pleine AM, leur présence en soirée cette année n’est que le reflet de leur impact grandissant dans cette scène incapable d’en n’être qu’une.
Pourtant pas le style de prédilection du secteur sur le papier, le peuple est bien présent. Les rythmique dansantes et planantes arrivent même à choper une majorité de la fosse sans forcer. Et que dire des phases atmosphériques. Set adapté ou réelle bonne pioche de la prog, dans tous les cas; ça matche parfaitement.

OPETH [Photos : Vassago]
On attaque les gros poissons du jour avec les Suédois d’Opeth et le Metal Prog aux racines bien Death. Parmi les plus influentes formations du Prog aujourd’hui, ils ont sorti quelques 14 albums, tous avec une identité bien discernable, en un peu plus de 35 ans de taf. Même leur histoire avec Clisson n’est pas insignifiante avec 8 passages étalés sur 20 ans. Nous étions forcément bien présents pour le dernier en 2022.
Un habitué des milieux de journée au Hellfest ou dans d’autre festival, le groupe évolue sur la Mainstage 2 comme s’il était chez lui. Il propulse son Metal classieux dans les esgourdes d’un parterre de connaisseurs en pleine méditation solaire. Peut-être des victimes collatérales du set rallongé qui suit, leur passage ne comporte que 5 titres, mais de qualité, on retrouve les § 1 et 7 ainsi que The Grand Conjuration, The Drapery Falls et Deliverance. Le Package Opeth de cette année 2026.

MALEVOLENCE [Photos : Shatenewton]
Malevolence transforme la Warzone en champ de bataille hardcore massif.
Un petite envie de se dévisser la tête, retrouvons nous sur la Warzone devant Malevolence, mélange pur d’un Hardcore hyper violent et de l’école britannique de Metalcore contemporain. Les 5 compères, toujours unis derrière le même but depuis plus de 15 ans, devraient vous faire couler quelques gouttes … de sueur ? de sang ? à vous de voir, mais sortez couvert parce que les coups vont pleuvoir sur ces célèbres pavés.
Ils sont nombreux en ce début soirée à vouloir se la mettre, mais visiblement pas assez pour Alex qui relancera le 1er titre pour plus de moulinet. Le duo de voix avec le gratteux Konan et son growl apportent un profondeur non négligeable. Du très gros circle pit se met en place de manière totalement autonome et cela semble bien plaire à l’équipe Sheffield.

ROTTING CHRIST [Photos : Shatenewton]
Entre ferveur et incantation, Rotting Christ capture la Temple.
Icône du Black Metal Européen, on retrouve les Grecs de Rotting Christ dans les heures décisives de la Temple. S’il n’est plus nécessaire de les présenter à l’abord de leur 40 ans de vie, il faut tout de même souligner leur choix fort de passer d’un Black brut à une vision plus atmosphérique emplie d’essence “ritualistique”.
Hey ben ça sera gazon pour une prestation qu’il serait presque déplacé de quitter si nous étions… bien placés. Chaque lancement de titre ne laisse rien au hasard. C’est un enchaînement de rituel. La réverbe omniprésente apporte égalent un aspect ésotérique qui résonne en nous-mêmes, les délaissés.

IRON MAIDEN [Photos : Vassago]
Iron Maiden, indétrônable, s’impose encore en tête d’affiche du Hellfest.
De retour la Mainstage, il est l’heure de d’accueillir une petite formation en devenir, vous les connaissez peut-être, Iron Maiden. Même un séjour d’un demi-siècle dans une grotte ou une perte totale de mémoire ne pourrait justifier la non connaissance de la plus grande formation Heavy Metal de tous les temps. Là encore, on peut laisser parler les chiffres, 17 albums, des pelles de titres iconiques, 4 passages au Hellfest pour 4 fois le statut de tête d’affiche. D’ailleurs, nous étions là en 2023.
Et si on allait voir Iron Maiden en sortant des tentes alors que le set a commencé ? Et ben non en fait, même l’accès au WC, pourtant même pas dans l’axe de vision est perturbé par les spectateurs. La scénographie semble encore folle cette fois mais on la laissera évoluer devant les festivaliers qui ont cramé toute la journée pour cela.

PERIPHERY [Photos : Shatenewton]
La journée Death s’interrompt pour la complexité fascinante de Periphery.
Un peu de Metal Prog mais sur l’Altar cette fois avec les mecs de Periphery, en plein milieu de la journée Death. Qu’à cela ne tienne, ils font l’unanimité à peu près partout où ils jouent tellement leur répertoire est étendu derrière cette patte toujours plus technique et au rythme déconstruit. Cette première venue dans le Pays de la Loire corrige enfin cette grosse anomalie et est l’unique occasion de les voir en France pour 2026.
Des festivaliers courent par dizaines pour venir sur l’Altar, premier signe qui ne trompe pas. Le 2nd, chaque chant claire est repris par une grosse partie du public. Les structures complètement décorrélées les unes des autres marchent au top. Les changements d’ambiances, de rythme, on connaît cela dans le Prog mais ils magnifient cela sans difficulté. C’est hallucinant.

SABATON [Photos : Shatenewton]
Sabaton lance un final de journée spectaculaire entre histoire et déluge de pyrotechnie.
On commence la clôture des scènes de ce vendredi avec les rois du Power Metal historique en la présence de l’escadron de Sabaton. Que nous réserve cette fois nos amis Suédois et leur armada d’historiens pour ce show d’1h30 ? Leur tournée The Legendary Tour soutenant leur dernier album Legends (petit papier à ce sujet juste ici) avait été l’occasion pour eux de repousser les limites de la mise en scène, utilisant non pas une scène mais deux pour animer leurs sets proches de la reconstitution. Grand moment visuel en perspective.
Chaos total chez les photographes avec la fin de Maiden, à 2 doigts de partir en pogo avec les boitiers. Le transit dans le pit n’est pas simple non plus. Et puis le Panzer apparaît sous les lumières d’un feu d’artifice (D’autres suivront pendant le set). Ils ont le mérite de bloquer complètement l’évacuation du pit, les amenant même à faire demi-tour. Le cameraman se fait également de gros kiff pour la retransmission sur les écrans de la Main. Nous laisserons Joakim avec ce sourire mi enjoué mi carnassier qu’on lui connaît. Un passage plus tard, nous apercevons un Napoléon francophone ( qui lancera une Marseillaise). La encore le set sera construit autour de diverses mises en scène toujours de bonne qualité avec des voix et chœurs épiques au possible.

BLOOD INCANTATION
Blood Incantation impose une conclusion cosmique et écrasante à l’Altar.
Ça se termine donc également côté Altar avec Blood Incantation, référence du Death Metal Prog avec leur petit truc en plus, une ambiance cosmique très plaisante dans leur moment atmosphérique. Attention cependant, ces instants sont savamment dosés pour nous fracasser la tête avec un son quasi palpable au moment où on commence à baisser notre garde. L’expérience de 2023 devrait servir à ceux présents ce jour-là…
Les apercevant de loin avec les écrans, notre approche de la scène sera presque synchronisée avec la montée en énergie jusqu’à exploser en même temps que le sac touche le sol. M’attendaient ils ? Ce qui est sûr c’est qu’on entre direct dans le set avec des trucs comme ça. Mention spéciale aux annonces de titre, toujours… “lunaire”
MASTODON [Photos : Shatenewton]
Mastodon clôture la Valley avec son Sludge prog massif et indomptable.
Il est temps également de tomber le rideau du côté de la Valley avec Mastodon, mas.. (non je vais changer de qualificatif quand même…) colosse de leur propre genre mêlant Sludge et Metal Prog. Nous les découvrions à l’occasion de la double édition de 2022 malgré leur carrière prolifique et remplie de succès depuis les années 2000.
Parti en éclaireur pour mes comparses derrière leur boîtier, il faut se faire à l’idée que seuls les tous premiers seront servi sur la Valley. En attendant le démarrage, ça passe un petit Crazy Train. On voit enfin apparaître Troy avec ça crinière argentée. Ça envoi du gros titres dès le 2nd titre avec The Motherload.

ULTRA VOMIT [Photos : Sartemys]
Grand absent de l’édition de l’année dernière, ils ont eu le privilège d’être le 1er nom annoncé pour cette année. Véritable institution dans toute la francophonie, Ultra Vomit est là pour rien d’autre que fournir aux festivaliers le meilleur show et la meilleure ambiance de la programmation. Leur tournée des Zénith de la puissance (du pouvoir) (petit report de leur passage à Lille) n’a fait que confirmer leur statut. La prestation promet d’être dantesque et de nous emmener très loin dans la nuit.
Terminons cette deuxième journée avec ceux que la plupart des personnes attendaient en ce vendredi de juin, les disques d’or français, j’ai nommé Ultra Vomit ! Show à une et même vitesse : la sixième ! Les Français ont rassemblé du monde, même après le passage des Anglais, les remerciant notamment d’avoir fait leur première partie… l’audace ! Un concert d’une belle fraternité et haut en couleur, que l’on aime ou pas.

Fin de journée bien méritée du côté de Clisson. Le Heavy mis à l’honneur ce jour a tenu toute ses promesses. Nous sommes présents jusqu’au bout de la nuit, couvrant ainsi les 2/3 de l’entièreté du line-up du jour.
Grosse vague de photos à venir !






