La XIXe édition se lance en pleine perspective d’un week-end très chaleureux. Les débats sur les têtes d’affiche devenus habituels depuis quelques années n’existeront pas cette année. Le line-up se recentrant sur des genres plutôt conventionnels, pas de flou sur les groupes trop calmes pour satisfaire les puristes, mais également une sape dans les styles les plus extrêmes. Si une question subsiste en ce premier jour, elle est interne à BMTH et la capacité d’Oli à retrouver sa superbe sur les titres Deathcore enterrés du groupe
WE CAME AS ROMANS [Photos: Shatenewton]
Premiers riffs, premiers circle pits : le Hellfest 2026 est lancé par We Came As Romans.
Ouverture de ce Hellfest 2026 sur la grande scène avec les Américains de We Came As Romans et leur Metalcore Mélodique. Déjà une petite rareté à voir. Ce second passage à Clisson (2014) est leur première date hors de la capitale depuis le décès de Kyle Pavone en 2018. Ils reviennent notamment avec All Is Beautiful… Because We’re Doomed, toujours dans sa première année d’existence
À peine démarré que la première zone de la fosse est déjà pleine. Elle reste sage avec quelques circle pits par-ci par-là. Le Metalcore est le bon genre pour démarrer chacun à son rythme. Le Hellfest 2026 est officiellement lancé avec son premier Wall of Death.

SKAPHOS [Photos: Shatenewton]
Les premières ombres du Hellfest prennent forme sous les tentes avec Skaphos.
Les tentes s’ouvrent cette année avec les Lyonnais de Skaphos et leur Blackened Death Metal aux sonorités occultes et abyssales. Formés en 2018, ils sortent leur troisième album, Culte of Uzura, l’année dernière et abordent cet été avec une programmation prometteuse aux deux principaux festivals français.
Le démarrage est également honorable ici. L’énergie et la violence sont de mise. De quoi appâter les festivaliers déjà échauffés. Les premiers compatriotes de cette édition fédèrent sans forcer leurs premiers festivaliers

PERCHTA [Photos: Shatenewton]
Entre rites alpins et Black Metal, Perchta offre l’un des premiers dépaysements de cette édition.
On poursuit ce démarrage en inaugurant la Temple avec le Black Folk Metal de Perchta, tout droit venu du Tyrol autrichien. Passant du statut de projet à réelle formation en 2021, ils présentent un Folk atypique en piochant dans les traditions alpines et donc dans la figure folklorique de Perchta.
Et un premier switch de scène bien dense. Lancement atypique du set pour du Black avec le Hammered dulcimer avant l’apparition de Julia-Christin. Si les codes du genre sont bien présents, les sonorités apportées par ces instru folkloriques changent la couleur générale. La Temple est déjà remplie pour la première fois et plusieurs clappings rassembleurs se feront tout au long du set.

SATANIC SURFERS [Photos: Sartemys]
La Warzone ouvre les hostilités avec l’efficacité sans fioritures de Satanic Surfers.
C’est au tour de la Warzone de faire son ouverture et on y retrouve les Suédois de Satanic Surfers. Groupe de Punk Rock Mélodique, ils ont comme premier mérite de rester à la page avec pourtant plus de 35 ans de carrière (petit hiatus de 2007 à 2014, mais rien de bien grave). Autre fait non négligeable pour cette scène, c’est Rodrigo Alfaro, dernier membre fondateur, qui assure le chant tout en étant derrière les toms.
La prestation est solide entre une instrumentation maîtrisée et un chant revendicateur dosé avec justesse, dans l’intention comme dans le propos. Le public apprécie cette entrée en matière sans prise de tête.

THE PLOT IN YOU [Photos: Sartemys]
Mainstage en tension et fosse déjà survoltée : The Plot In You prend le relais sans ralentir la cadence.
Retour sur la Mainstage, toujours pour un Metalcore Mélodique, avec The Plot In You. Leur cinq galettes sont l’occasion de voir évoluer un style brutal et agressif vers une version plus moderne du genre, choix de carrière loin d’être isolé dans le Metalcore. À noter qu’un pseudo-sixième album est sorti sous la forme de trois EP en 2024, leur permettant d’expérimenter encore plus tout en restant présents dans l’actu Metal.
Il est déjà difficile d’accéder aux scènes principales. Peut-être qu’il aurait été plus simple de se lancer parmi les nombreux slammeurs. Ces quatre jours s’annoncent d’ores et déjà bien chauds, mais personne ne s’économise à l’ombre. Les appels de Landon Tewers sont toujours entendus.

DEVANGELIC [Photos: Shatenewton]
Entre brutalité et passages plus atmosphériques, Devangelic écrase l’Altar sans laisser de répit.
On passe un gros cran dans la puissance avec nos voisins italiens de Devangelic. Porteurs d’un Brutal Death se voulant ultra-violent, ils s’inspirent au départ de la scène US avant de sortir des albums empruntant de plus en plus la voie d’une brutalité technique et atmosphérique.
Il n’y a pas de back-to-back pour les transferts sous les tentes. Méconnaissance ou crainte du gap de brutalité ? Cependant, au vu des doux noms portés par les festivaliers ici, on est sûr à l’avance du répondant. Un bon morceau d’acclimatation pour le son de la gratte, mais aussi pour les gens indécis, et nous voilà partis pour un set ultra-massif où quelques passages atmos permettront de reposer les âmes sensibles.

THE PRETTY RECKLESS [Photos: Shatenewton]
Première au Hellfest pour The Pretty Reckless et une Mainstage rapidement conquise.
Changement radical d’ambiance en retournant vers la scène principale. Menée par la charismatique Taylor Momsen, The Pretty Reckless est un groupe qui pèse dans le genre du Rock Alternatif / Hard Rock aujourd’hui, qui plus est parmi ceux s’appuyant sur une frontwoman. Après deux tournées en deux ans avec les tauliers du Hard Rock, les New-Yorkais se présentent pour la première fois au Hellfest, déjà bien haut sur l’affiche.
Tous se taisent à l’arrivée de madame avant de reprendre en cœur les premières paroles. S’il est vrai que le genre est tout de même un peu plus calme que ce qui précède, le charisme, dans un premier temps, mais surtout la voix de Taylor font mouche. Les rythmes fédérateurs de la plupart des titres seront repris par le public de la manière la plus évidente qui soit. Elle rappelle au passage l’arrivée de Dear God qui est sorti le 26 juin, avant de prendre un mini bain de foule refaisant ainsi la journée du premier rang.

BREAKING BENJAMIN [Photos: Shatenewton]
Retour en pleine nostalgie 2000s avec Breaking Benjamin et une ouverture déjà culte.
On commence à taper dans les groupes évènements là, avec Breaking Benjamin. Piliers du Metal Alternatif des années 2000 et habitués des tournées américaines, c’est tout simplement la première fois qu’ils viennent en France. Fort de 6 albums avec des titres iconiques tels que The Diary of Jane, So Cold ou encore Breath, il se pourrait pourtant qu’un septième opus soit en préparation… Le départ forcé de Shaun Foist (maladie de Hashimoto) et la présentation récente de Brian Medeiros pourraient être l’occasion d’un nouvel élan
Énorme madeleine de Proust pour votre rédacteur favori, cette ouverture sur Breath donne une chair de poule qui ira jusqu’à titiller la rétine. Nous sommes, semble-t-il, nombreux dans ce cas-là et la fosse ne cesse de grandir. L’expérience live est réellement proche de celle des enregistrements. Benjamin Burnley prend également le temps de rappeler qu’ils ne sont en Europe que pour la troisième fois et que la principale raison de leurs rares passages sur le vieux continent réside dans son aviophobie, les obligeant à traverser l’Atlantique en bateau. Et cette fin sur Diary of Jane…

RIVERS OF NIHIL [Photos: Shatenewton]
Rivers of Nihil transforme l’Altar en laboratoire du Death Metal Progressif.
De retour sur l’Altar, là encore on y retrouve du beau monde avec Rivers of Nihil, grand nom du Death Metal Prog. À classer dans la tranche moderne de ce mouvement, ils allient brutalité, technicité et ambiance propre au Prog tout en se permettant l’utilisation d’instruments bien éloignés du genre comme par exemple le saxophone. Leur dernier album, sobrement appelé Rivers of Nihil, vient de souffler sa 1ère bougie, emmenant avec lui les nouvelles sonorités du groupe, notamment avec le changement de voix principale suite au départ de Jake Dieffenbach, chanteur fondateur du groupe.
Les tentes ne sont plus suffisantes pour accueillir tout le monde et nous tomberont depuis l’extérieur sur un Adam au chant avec sa basse six cordes. Si l’un et l’autre sont tout à fait communs dans le Prog, le cumul des mandats, qui plus est en y ajoutant du growl et du tapping en même temps, pousse au respect du gars. La suite de l’équipe n’est pas en reste, style oblige. L’arrivée également de Patrick Corona au saxo nous retourne le cerveau et il faut quelques instants avant de comprendre ce qu’on regarde. Beaucoup moins pour intégrer qu’on aime ça.

DEEP PURPLE [Photos: Shatenewton]
Un monument du Rock en ouverture de soirée : Deep Purple enflamme la Mainstage du Hellfest.
La première tête d’affiche tombe déjà côté Mainstage avec les Britanniques de Deep Purple. S’il fallait encore prendre le temps de présenter leur parcours, faisons-le en chiffres avec bientôt 24 albums à leur actif, Splat! sortira d’ailleurs le 6 juillet prochain. Bientôt 60 années de carrière au travers de 9 Mark (formations majeures) dans leur line-up et une renommée qui les place aux côtés de Black Sabbath et Led Zeppelin, comme l’origine de tout ce qui se fait aujourd’hui dans le Rock et le Metal. Nous étions bien là en 2022 pour leur dernier passage.
Intro en film dans l’esprit musical d’un Star Wars et au visuel interrogatif. Et puis les anciens débarquent sur Highway Star. Frais comme des p’tits jeunes de 60 ans. Ian Gillan a toujours des cordes vocales bien accrochées pour pousser ses célèbres notes. Et que dire de ce son d’orgue qui leur colle à la peau. Nombreux sont ceux à immortaliser le moment, bien plus efficace qu’attendu. Malgré les allées et venues entre les scènes, nous serons bien obligés de tout arrêter sur Smoke on the Water annonçant la fin du set.

LAGWAGON
Ambiance 90s garantie à la Warzone avec les vétérans de Lagwagon.
Retour sur la Warzone pour aller voir un peu de Punk Rock Skate Punk. S’il est difficile aujourd’hui d’exister dans ce genre, tant la densité de groupes est importante à chaque génération, Lagwagon y parvient sans souci en étant présent depuis bien longtemps déjà. Neuf albums jonchent leur parcours depuis plus de 35 ans.
On s’extirpe tant bien que mal pour arriver à une Warzone finalement un peu praticable, les énervés n’étant peut-être pas aussi nostalgiques. Les plus tout-jeunes Ricains nous emmènent pourtant sans forcer dans les années 90/2000. Les pogos habituels s’enchaînent comme souvent, mais le dentiste aura sans doute moins de travail en fin de journée.
BORKNAGAR [Photos: Sartemys]
Borknagar rappelle que le Black Metal sait aussi sortir des sentiers battus.
3/3 sur ce créneau en terminant par la Temple. On retrouve les natifs de Bergen, Borknagar, pour, sans surprise, du Black Metal (oui, il y en a toujours qui nous viennent de cette belle bourgade pour susurrer quelques jolies paroles). Cependant, Øystein G. Brun n’a pas pour idée de rester dans les limites du Black tradi et des sonorités Prog et Folk feront rapidement partie intégrante de leur répertoire. Ce dernier verra également de grands noms passer pour l’alimenter, frôlant presque la notion de supergroupe.
Si l’arrivée de Vortex avec son petit haut Kiss peut piquer l’œil de l’adepte puriste, la prestation qui suit ne laisse aucun doute quant à la volonté sonore d’un Black Metal « out of the box ». On dirait presque un oxymore, c’est beau.

THE HALO EFFECT [Photos: Shatenewton]
The Halo Effect transforme l’Altar en célébration du Death Mélodique suédois.
Croisé il y a à peine quelques mois à Lyon, on retrouve le supergroupe The Halo Effect avec son Death Melo au parfum d’In Flames et Dark Tranquility naît de la présence de leurs membres et ex-membres dans ce quintet. Ils font partie de ces groupes à très forte renommée qui passent enfin pour la première fois au Hellfest, même si chacun dans leur coin ont déjà foulé à plusieurs reprises les planches du secteur.
La chaleur ne poussant plus les festivaliers vers les tentes, nous sommes en présence d’une fosse remplie et totalement acquise à leur cause. Chaque riff est entonné sans difficulté, rivalisant avec la guitare elle-même. Ça saute, ça headbang et il me semble même voir des gambettes en l’air, signe d’un ciel couvert de slammeurs sur les premiers rangs. Mikael rappelle bien que, même s’ils ont tous déjà connu les scènes, c’est la première fois que cette famille le fait ensemble. Difficile de décrocher de l’Altar tellement c’est bon, mais il faut bien vous raconter la suite (en plus c’était sur The Needless End …). D’avis de personnes ayant suivi l’entièreté du passage, et sans pourtant trop nuire à leur performance, ils n’auront vraiment pas été en veine avec la technique.

PAPA ROACH [Photos: Vassago]
Papa Roach transforme la Mainstage en un moment de communion Rock Alternatif.
Trois ans après leur dernier passage, on retrouve le groupe Papa Roach toujours plus haut sur l’affiche. Membres éminents du Rock Alternatif des années 2000, ils se prêtent à des sonorités modernes ces dernières années avec notamment deux singles, Even If It Kills Me et Braindead qui sentent bien la préparation de leur douzième album.
Nous pouvions encore atteindre les bords de scène à l’époque, c’est tout simplement infaisable aujourd’hui. Preuve simple de l’engouement grandissant de leur deuxième jeunesse. On est proche de la prestation de la dernière fois avec ce petit truc en plus qui permet de passer ce step supplémentaire dans l’ambiance. Le passage en début de fest, à une heure de prime ou simplement un groupe qui veut en donner encore plus ? Sans doute un peu de tout. Un passage père-fils et une série de covers feront également sensation.

ALL TIME LOW
Le Pop-Punk trouve un nouveau souffle à la Warzone avec All Time Low.
Il existe des genres qui vont et viennent avec les modes et le Pop Punk, bien qu’ayant une fanbase solide, est un bel exemple de cette popularité fluctuante. All Time Low en est un excellent exemple, avec un regain de popularité ou une redécouverte de leur musique par le biais des réseaux sociaux, et l’utilisation de leurs titres iconiques pour toutes sortes de choses. Souvent comparés à juste titre à Simple Plan et bien qu’étant programmés pour la première fois sur le fest, le passage de ces derniers en 2024 ne présage que du bon et qu’il y a une vraie place ici pour cette musique. Nous les croisions plus tôt cette année à Paris.
Encore une fois, la Warzone est accessible avec des mains toujours prises d’assaut. On prend les mêmes et on recommence, le public est sans aucun doute identique à notre dernier passage. Peut-être est-ce une question de génération, mais l’ambiance a encore franchi un cap. Bon, on aura droit aux classiques “vous êtes incroyables” ou encore “mais qu’est-ce qui se passe ce soir”, un show américain en soi… mais qui n’empêche pas le groupe d’embarquer le pit dans des phases interminables de jumping. Et les classiques feraient pousser une crête à un punk chauve.
SKALD [Photos: Shatenewton]
Skald ouvre une parenthèse Néo-Folk envoûtante à la Temple.
La crème (ou le skyr peut-être ?) du jour côté Temple est française avec Skald et son Neo Folk. Déjà bien placés en 2022 pour la dernière édition sur trois jours du fest, ils sont aujourd’hui à la table des plus grands de ce monde et doivent déjà avoir leur place au Valhalla qui les attend, mais le plus tard possible bien sûr. Proches de la culture viking, ils ne penchent pas pour une version violente du style, mais privilégient l’instrumentation avec par exemple la talharpa, la moraharpa ou encore la double harpe, voire des “classiques du genre” avec de la vielle à roue ou du morin khuur.
Le public répond présent à cet appel onirique. Les multiples voix, hommes comme femmes, engendrent une puissance globale surprenante. L’étalage d’instruments est également impressionnant et on sent qu’ils profitent au maximum de leur scène. Vous ne serez pas choqués non plus de savoir que le public répond en rythme à chaque coup de tambour. Une sorte de transe collective se met également en place au gré des titres, atteignant son apogée une fois les non-adeptes retirés.

ALICE COOPER [Photos: Shatenewton]
Entre horreur et Rock spectacle, Alice Cooper confirme son statut de monument vivant.
Si les groupes planétaires vont s’enchaîner cette année encore pendant ces quatre jours de festivités, le personnage et taulier de cette édition, c’est bien lui, Alice Cooper. Que reste-t-il encore à dire de lui après toutes ces années ? Actif depuis plus de 60 ans, on peut peut-être rappeler qu’un groupe a existé dans ses premières années (et dont un album est sorti l’année dernière, The Revenge of Alice Cooper) avant de devenir l’un des projets solo les plus importants que la musique ait connu à ce jour, tant par sa longévité que par son impact sur les multiples générations qu’il a inspirées ensuite.
Ayant joué avec le feu à vouloir passer par la Warzone avant le démarrage de notre grand monsieur, on se retrouve relégué au-delà de l’horloge pour ceux qui connaissent le site (pour les autres ? Disons un bon stade de foot). Le poids des années ne semble pas impacter ces gens-là ; les générations se succèdent ; eux restent au-dessus de la mêlée. La preuve avec le dernier passage en 2022. Côté show, les scènes s’enchaînent, tantôt chapelier, tantôt chirurgien ensanglanté avant de réapparaître en tenue classique (du moins pour un Alice Cooper).

IGORRR [Photos: Shatenewton]
Deux batteries, un chaos contrôlé : Igorrr impose sa signature unique sous les tentes.
On retourne sous les tentes avec l’autre temps fort du jour, toujours français (on est chauvins ou non ?), avec Igorrr. Ovni avec son mélange des genres, Breakcore, Metal extrême, Electro… le tout mélangé dans le prisme de la musique Baroque. Projet solo de Gautier Serre, il s’entoure au fil des années d’artistes pour former un groupe derrière son leader. Passant pour la troisième fois en terres clissonnaises, le constat est sans appel. Passant du statut de remplaçant en 2017, puis en milieu de journée en 2022, il est aujourd’hui au sommet de son art et risque d’attirer beaucoup d’âmes égarées.
Scène mise en place, nous pouvons déjà voir les deux batteries prêtes pour un duel. Ça débute dans la violence, la double double pédale arrive pourtant à produire un blast bien propre. Et au milieu de tout ça, la clarté de la voix de Marie Gerhardine Iguchi, arrivée en avril dernier, perce cette densité musicale comme un rayon de soleil au milieu de l’orage. Le scream de Jean-Baptiste Le Bail n’est pas en reste et engage la fameuse dualité qu’on leur connaît.

BRING ME THE HORIZON
Un headliner clivant mais attendu : BMTH prend possession de la Mainstage.
Retour sur la Mainstage pour le groupe phare de la journée avec les Britanniques de Bring Me The Horizon. Depuis quelques années, il semble de rigueur de critiquer les choix de tête d’affiche. Cette année, je pense que cet honneur pourrait revenir à BMTH avec tout le paradoxe qui les entoure. En effet, rares sont les groupes à avoir tant évolué en termes de registre, tout en faisant mouche à chaque fois ; il faut le reconnaître. Ici, deux fanbases pourraient s’affronter entre les amoureux du Deathcore des débuts et ceux plus en adéquation avec leurs titres Metalcore, voire Pop mainstream. Difficile de savoir à l’avance ce qu’il va se passer sur scène et comment va réagir le pit… Même si la future sortie, en juillet prochain, du réenregistrement de leur premier album Count Your Blessings pourrait bien redonner espoir aux fans de la première heure.
Pas d’autorisation photo sur BMTH, contrairement à la double édition de 2022, vous n’aurez que ma plume pour vous y croire. Déjà, la première chose serait d’y aller à l’heure et un mouvement après le démarrage ne nous mène qu’aux abords des toilettes. De ce que nous voyons sur les écrans, c’est avant tout un Oli en sueur qui se donne beaucoup. D’ailleurs, les quelques passages bien Deathcore sont quand même très bien gérés par monsieur. Si la durée des screams est encore courte, la qualité de ces derniers rassure quant à sa capacité à toujours pratiquer. Un feat surprise avec Will Ramos sera à coup sûr un des passages de cette édition.
FEUERSCHWANZ [Photos: Shatenewton]
Entre humour et épique, Feuerschwanz referme la première journée sous les tentes.
On clôture cette journée sous les tentes avec le Folk Metal festif et humoristique de Feuerschwanz (mot compte triple au Scrabble). Membre de la mouvance Rock Medieval germanophone des années 2000, on leur prête les prémices de l’ouverture du genre à l’international. Leur style prend naturellement une orientation plus Metal avec les années, ils savent jouer la carte de l’épique. D’ailleurs, en dehors de nos six compères côté musique, il faut également compter sur leurs deux schildmaiden, Yennefer et Hela, pour assurer le spectacle. Nous les croisions d’ailleurs à Moncul l’année dernière.
Pas mal de rescapés encore pour cette première journée. On voit rapidement débarquer les deux guerrières, drapeau brandi. L’équipe au complet est bien équipée côté costume mais également en termes d’instru. Cornemuse, violon et autres (bouzouki ou bombarde). Ils s’équiperont également de magnifiques lunettes de nightclub. Certaines sources alsaciennes confirmeront qu’on est dans des ambiances bien outre-rhinoises.

SOCIAL DISTORTION [Photos: Vassago]
Social Distortion conclut la Warzone avec un Punk Rock roots et sans esbroufe.
Ça se termine également du côté de la Warzone avec Social Distortion, groupe culte de la scène Punk Rock américaine. Premiers à mélanger le Punk des années 80/90 avec des influences Rockabilly, Country et Blues, ils se démarquent par leur style très identifiable et plus “roots” que d’autres groupes de Punk Hardcore de leur génération. Leur dernière galette, Born to Kill, est d’ailleurs un savoureux mélange de ces différentes époques.
Punk pépère comparativement à ce qui se passe habituellement sur la Warzone, le groupe jouit d’une assez bonne réputation ; il est reçu par un public un peu clairsemé en raison de l’heure tardive, mais complètement respectueux. Cette année, on trouve que la Warzone est plutôt sage, c’est sans doute la chaleur, mais ce n’est pas sur Social Distortion que ça va se réveiller. Le groupe va néanmoins assurer son show et remettre l’église au milieu du village sans en faire des tonnes.

ALESTORM [Photos: Shatenewton]
Alestorm met fin à la première journée dans un chaos festif digne des flibustiers.
On termine cette première journée d’échauffement avec Alestorm et leur Pirate Metal déjanté. Si musicalement on se rapproche d’un mélange de Power Metal et de Folk Metal, c’est aussi beaucoup pour l’ambiance festive et humoristique qui règne dans leur musique et dans leurs prestations live que nos fervents défenseurs du “True Scottish Pirate Metal” sont connus par-delà terre et mer. Leur dernier album, The Thunderfist Chronicles, soufflera d’ailleurs sa première bougie plus tard dans le WE.
Un dernier petit sprint pour tenter et réussir à accéder au pit photo. On aperçoit au passage les fameux canards au loin. Le public est encore en nombre mais rassemblé uniquement devant la Mainstage 2. Comme sous la tente, c’est la teuf. (Peut-être un petit doublon côté programmation ?) Ça slam partout humain comme véhicule. Oui oui, un carrosse nous est passé dessus.

Fin de première journée basée sur l’éclectisme des genres et l’absence de condition d’ancienneté pour un résultat homogène de belle facture sur l’ensemble des scènes.
Plus de photos très vite.





