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Les Wriggles à l’Espace Charles Vanel à Lagny-sur-Marne

Le 7 octobre dernier, j’ai eu l’opportunité de me rendre pour la première fois dans la salle de spectacle de Lagny-sur-Marne, l’Espace Charles Vanel, à l’occasion de la première date de la nouvelle tournée des Wriggles, un groupe qui m’a accompagnée épisodiquement à travers plusieurs périodes de ma vie, à commencer par l’adolescence – et qui a « boosté la cacahuète » de toutes les personnes qui tentaient de me joindre par téléphone et atterrissaient sur mon répondeur. J’ai fini par troquer « Monsieur Johnson » contre la perspective d’obtenir un stage ou un emploi un jour car la vie est ainsi faite, mais quelle sinistrose quand même quand on y pense…

Et comme en plus l’Agence Sébastien d’Assigny a choisi mes photos et MeloLIVE pour inaugurer l’ouverture de la billetterie nationale de la tournée des Wriggles, la boucle est bouclée! (ce qui justifie aussi que mon article sort aussi tard. Mais bon, la patience à du bon!)

Pour avoir vu plusieurs fois sur scène mes chers Wriggles, une fois il y a bien une quinzaine d’années, et une autre il y a grosso modo deux ans dans un théâtre parisien, je n’avais aucun doute sur le fait que j’allais vivre un excellent moment ; c’était presque de la triche en fait. Néanmoins le tour de force réside dans le fait que les Wriggles redoublent (requadruplent, parce qu’ils sont maintenant quatre au lieu de cinq tiens) de vitalité, de malice, de mise en scène et de pétulance pour nous faire aller de surprise en surprise et nous offrir une expérience toujours nouvelle – un peu comme un Kinder Surprise, mais qui tiendrait ses promesses.

Les Wriggles sont un peu inclassables. On pourrait les qualifier de chansonniers, peut-être, mais leur répertoire émotionnel est vaste, ils en toutes les cordes sensibles à leur arc, et passent allègrement de l’irrévérence à la poésie, de la pertinence à la mélancolie. Ils s’intéressent à tout, pour rire et très sérieusement, en plus d’avoir des voix qui portent ils ont des avis qui démangent, ils ont parfois l’air de ne rien respecter mais ce qui est sûr c’est qu’ils ne se moquent de rien ; dans le sens de s’en foutre, évidemment.

Leur nouveau spectacle, un condensé tragi-comique d’hyper-vie en 1h30 et 15 chansons intrique des nouveaux titres qui ne pourront être réentendus qu’à la sortie du prochain album – ou en achetant vite une place pour une prochaine date, ah la la, cette astuce capitaliste fonctionne beaucoup trop bien, d’ailleurs je vis depuis une semaine avec « Zboudibou » qui est un monument de WTF dans la tête par intermittence et qui me file le sourire dans le métro – et de tubes indémodables repris en chœur par les fans de longue date. Subtil mélange de spleen, d’hystérie, de révolte, de cynisme, d’humour noir et de candeur, ce show est une pépite. Qui file le fou rire puis presque sans transition une chair de poule de compétition. Un assemblage cyclothymique et hypersensible de toutes les névroses des individus et d’une société dépeint avec une justesse douce-amère qui fait mouche.

Avec dedans des vrais morceaux de rêves plus ou moins lucides, de réchauffement climatique, de merchandising do it yourself, de foin, de stupéfiants, de bœuf bourguignon (avec l’odeur, si si, ou alors c’était une hallucination collective partagée avec les autres spectateurs et spectatrices du premier rang), de chagrins d’amour, de vomi, de cruauté, d’olives et de tendresse. Avouez que c’est quand même all inclusive pour le prix que ça coûte !

Ou de temps en temps des délires sans queue ni tête, comme a pu le penser ce spectateur dubitatif que j’ai entendu dire après le concert « À part pour la première chanson, c’est quand même un peu des débilos », mais bon son avis n’engage que lui et m’a fait sourire, me disant que quelqu’un l’avait peut-être entraîné là comme un fan de Marvel que l’on aurait emmené dans une salle obscure voir un film de Quentin Dupieux sans lui avoir montré le moindre trailer.

Bref les Wriggles c’est un groupe qui chante la vie, danse la vie… Euh je m’égare je crois, même si ça fonctionne tout à fait. Un cercle de poètes disparus ascendants clowns tristes, d’agités du bocal et de la carcasse, qui chantent l’existence et son cortège de joies, de peines, d’absurdités et de drames, d’états d’âme et d’injustices – le tout dans des chansons entrecoupées de punchlines fracassantes, de questions capitales de celles que l’on se pose à 4h du matin quand on est plusieurs à ne pas dormir, de regrets et d’espoirs, et interprétées par une galerie de personnages truculents et multi-facettes qui nous ressemblent à tous et toutes et qui nous touchent pour cela.

1h30 d’un concert des Wriggles ça passe super vite mais ça dure longtemps dans la tête, ça tisse sa toile, ça donne envie de tout raconter en détail pour dire avec enthousiasme à quel point c’était bien, en balançant les couplets choc et les surprises dramaturgiques ; et en même temps ça donne envie de préserver le spectacle comme un secret, de ne rien divulgâcher, de promettre aux gens que ça vaut le coup et de vouloir qu’ils découvrent tout comme on l’a découvert soi, parce que c’est bouleversant et revigorant et cathartique et nécessite. Parce que c’est beau quoi. Merci les gars.

Merci à l’Agence Sebastien d’Assigny pour cette belle soirée!

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