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Chloé Trujillo en interview! Album « Mothers or a New Nation »

À la sortie récente de son deuxième album Mothers of a New Nation, Chloé Trujillo vient échanger avec Alexander sur sa musique, son parcours et son avenir. L’interview est à l’image de l’artiste : chaleureuse et colorée, on a hâte d’écouter la suite !

Enchanté Chloé Trujillo ! En cherchant sur vous, on découvre que vous êtes à la fois musicienne, mais aussi peintre, styliste, designeuse… enfin, une artiste aux multifacettes. Si on devait vous présenter ou si on vous demande de vous présenter, qu’est-ce que vous aimez mettre en avant ?

En fait, je préfère le terme artiste ou créatif, c’est ce qui englobe un peu le tout. Ça m’a mis du temps avant que j’ose m’appeler artiste parce que j’ai eu un parcours assez particulier, mais j’ai toujours fait de l’art, j’ai toujours peint, tandis que mes parents avaient leur propre marque, donc j’ai grandi dans ce milieu-là ; de la mode, du dessin, du design. De plus, mon grand-père était chanteur d’opéra professionnel, et ce sont mes grands parents qui nous ont un peu élevés avec mes sœurs, même si j’ai quand même commencé par des études scientifiques. Mais maintenant, j’ose me présenter en tant qu’artiste, et je commence toujours par là.

Nous allons justement parler de ce nouvel album qui contient de nombreuses facettes créatives, mais tout d’abord, à l’heure où nous nous parlons, il vient officiellement d’être sorti et diffusé sur toutes les plateformes. Ça y est ! Après tant d’années de travail, vu qu’il a été commencé en 2018, comment vous sentez maintenant qu’il est sorti ?

Comment je me sens ? Et bien c’est marrant justement, parce qu’on est dans une période un peu bizarre avec la covid, où on alterne entre fermeture et ouverture. Il y a toujours des changements, donc je n’ai pas arrêté de créer, et j’ai déjà plein de nouveaux morceaux qui sont en attente de sortir. En temps normal, j’aurais peut-être sûrement commencé à faire des concerts ou jouer live après la sortie de cet album. Là, c’est un peu différent, mais maintenant que c’est sorti, je suis contente. Cela fait plaisir qu’après tant d’années et tant de travail, que ce soit enfin disponible à tous pour écouter et. Mais comme je n’ai pas arrêté de créer encore des nouveaux morceaux, je ne me rends pas très bien compte. C’est encore plus motivant de finir les autres titres, car j’ai déjà un EP entier qui va sortir entièrement en novembre, avec six morceaux. En plus de ça, j’en ai onze qui sont qui sont encore presque finis. J’étais toujours un peu réticent, avec cette distance et cette peur d’utiliser l’ordinateur et les softwares de musiques de tous bords. Avec la covid, dès la quarantaine et avec tout de fermé, cela m’a un peu obligé à faire, à passer cet obstacle et d’apprendre à me servir du software, pour faire tout moi-même. Cela m’a tellement ouvert de possibilités de création ! Je n’ai plus besoin d’attendre quelqu’un pour m’aider à mettre en place mes idées, je le fais toute seule, ce qui me permet d’avancer beaucoup plus vite. Quand les frontières commencent à vraiment rouvrir et qu’on puisse voyager, et notamment pour moi en France, ce serait bien que je puisse venir jouer en live avec un groupe.

C’est à l’image finalement de cette pandémie, de démonter de la résilience et la capacité d’adaptation. En évoquant la France, vous me rappelez que vous avez également en vous cette bi-culturalité franco-américaine. Avec des textes chantés en anglais, comment vous pensez que ces cultures vous influencent ? Quel rapport à la France avez-vous aujourd’hui, même après tant d’années à l’étranger ?

La France me manque, c’est sûr, mais je pense que c’est quelque chose qu’on garde toujours en nous. Je suis né et j’ai grandi à Paris, et je ne sais pas de quelle manière ça ressort, mais je pense que les expériences de la vie se retrouvent un peu dans ma musique, dans mes paroles. Donc, il y a toujours quelque chose, mais je ne saurai pas dire quoi de vraiment spécifique. Par contre, dans le prochain EP, j’ai un morceau complètement en français !

Comme sur votre premier album, il y a également un morceau en français…

Ouais, voilà ! Et j’aimerais bien en faire plus en français. C’est intéressant, car je ne choisis pas forcément la langue dans laquelle le morceau a été écrit, parce que c’est comme cela que les paroles me viennent, avec un peu ce mix des cultures. Je pense qu’ayant grandi avec l’art en France, l’architecture, la littérature… ça m’influence forcément d’une manière ou d’une autre.

Cette bi-culturalité qui montre votre côté international aux multiples influences se reflète aussi dans votre musique, avec du rock, de hip hop, de la world musique… Avec également cette dichotomie entre la fois des sujets assez personnels, où vous vous présentez de manière vulnérable, en vous inspirant de votre vécu. Pour autant, cet album touche à des sujets universels auxquels le public auxquels peut s’identifier. Est-ce que c’est l’intention derrière cet album ? L’effet que vous voulez faire sur le public, sur ceux qui vous écoutent ?

Cela est apparu quand j’ai vraiment terminé cet album, car c’était un travail très, très solitaire, puisqu’on était tous en confinement et j’étais en train d’apprendre à utiliser le software pour pouvoir faire cet album. Mais même avant, avec l’écriture, ce sont des choses qui me viennent naturellement et je pense qu’il y a beaucoup de choses qui sont à la fois personnelles et universelles, parce que je pense que chacun peut se retrouver dans ces émotions, même s’ils ont vécu les choses différemment. C’est toujours un peu le but : d’inspirer, de toucher, de motiver, de tirer vers le haut…

Je peux tout à fait imaginer qu’en tant qu’artiste, le fait d’influencer le fait de toucher, le fait de provoquer des émotions chez tout un chacun soit tout à fait légitime. Pour cet album en particulier, est ce qu’il y avait une vision, un fil rouge dès le départ ? Ou est-ce que c’est plutôt au fur et à mesure qu’une cohérence globale a été trouvée ?

En fait, il y a toujours une espèce de fil rouge parce que mon processus de création, c’est de mêler la peinture avec l’écriture de morceaux. Dans mon travail en général et donc, naturellement dans ces morceaux, il y aura toujours une espèce de cohérence parce que je les ai écrites dans un certain ordre, en peignant ce qui me vient à l’esprit. Quand je peins, je suis dans un état presque méditatif, en silence, avec des visions qui m’arrive. Je ne décide pas en avance, OK, maintenant je vais peindre un crâne, ce n’est pas conscientisé. De la même manière que devant une feuille blanche, il y a des mots et des mélodies qui m’arrivent spontanément. J’ai souvent mon téléphone à côté de moi et pour ne pas interrompre ma peinture, j’enregistre ces idées au fur et à mesure. Des fois, ça m’arrive en rêve aussi ! Je vais me réveiller au milieu de la nuit, et j’ai tout un morceau qui m’apparait, et donc discrètement pour pas réveiller tout le monde je les enregistre sur mon téléphone. Mais cela m’arrive de les réécouter, et je ne comprends plus rien de ce que j’ai fait ! Ce processus de création est un fonctionnement en continue. J’utilise énormément de symboles dans mes peintures et c’est pareil dans mes morceaux, avec de nombreuses métaphores, où on pourrait comparer ça à un rêve. Par exemple, il y a des éléments dont on ne voit pas forcément le rapport les uns avec les autres, mais si on commence à analyser la signification de tous ces éléments, on en fait un dialogue final avec une signification. Je pense que c’est un peu ça dans tous ces morceaux.

Est-ce que le résultat final vous a surpris ? Comment cela vous a fait ressentir ?

Cela ne me surprend plus maintenant, parce que je laisse ce processus aller. Comme avec les peintures, c’est le fait de ne pas décider ce que je vais faire, me laisser guider. En fait, et c’est comme si la musique me guidait là où je dois aller, parce que si c’est moi qui décidais, ce serait peut-être complètement différent je pense. J’écoute de tout en musique, alors évidemment, toutes mes influences se retrouvent dans ce que je produis, que ce soit du metal, du rock, de la pop… Là, je me laisse guider et je laisse presque la source de la créativité me traverser et décider pour moi à ma place. Quel tempo vais-je choisir là ? Avec quel instrument ? Les possibilités sont infinies pratiquement, puisque maintenant, je sais enfin tout faire avec le software et tous ses plugins.

Vous avez mentionné effectivement les influences metal et rock que l’on peut entendre par ci, par là et que ça restait une empreinte de votre musique. Mais ce qui m’a aussi frappé également, c’est que vous proposez une esthétique qui rappelle quand même un côté psychédélique des années 60-70, des sonorités rock metal des années 80-90, une production musicale de qualité des années 2000-10, avec des valeurs très 2021 ! Cela fait à la fois très universel autant dans le temps que dans l’espace. Après un premier album en 2016 qui était quand même très orienté cabaret rock, on sent que vous êtes passé à un autre niveau de production, une autre facette de votre créativité. Maintenant que ça fait cinq ans, avec le recul, vous pensez quoi de cette évolution musicale justement ?

Ouais, je pense que c’est juste mon évolution à moi et la façon dont j’ai grandi, dans le sens où je suis devenu plus mature dans la façon dont je travaille. Il y a toujours quelque chose qui lie ces deux albums, même s’ils sont vraiment différents. C’était mon premier album officiel solo, mais j’avais travaillé sur d’autres musiques avant…

Comme votre EP « Orange & Blue » …

Oui, voilà, par exemple. Je crois que j’évolue dans le sens où je me fais plus confiance en moi, en ce que ce que j’entends, sans essayer de transformer les choses à ma manière, je laisse venir ce qui me vient. Il y a aussi des périodes de la vie qui nous influencent plus ou moins différemment, donc, quand je repense à mon précédent album Ivresse, j’étais dans une période un peu différente, qui me touche différemment aujourd’hui. Récemment, j’ai dû rechanter deux morceaux de cet album pour un festival en ligne, et je n’avais pas chanté ces morceaux depuis … depuis que l’album était sorti, en fait ! Cela m’a remis dans ces moments-là, en me faisant revivre ce que j’étais en train de vivre au moment où j’ai écrit ces morceaux. Je pense que tout le monde peut comprendre ça, car on associe toujours un moment quand on écoute une musique. Depuis que j’ai cette liberté de créer toute seule sans avoir à attendre de la part de personnes, je m’amuse beaucoup plus et ma créativité s’est décuplée. Je viens d’écrire et de finir plusieurs morceaux, dont deux qui sont vraiment metal, un qu’on peut même décrire comme électronique, et un autre qui rejoint un peu ce côté hip hop, avec des mots parlés plutôt que chanté…

Quel teasing, impatient d’entendre ça prochainement ! Justement, en parlant de cette influence metal, vous aviez évoqué en 2019 que vous travailliez sur deux albums, le deuxième étant avec 66 Steps. Qu’est-ce que cela fait de travailler en parallèle sur deux productions qui n’ont pas les mêmes contextes ?

66 Steps, c’est un groupe que j’ai rejoint en 2002, où on avait fait pas mal de shows et plein de morceaux que nous n’avions jamais enregistré officiellement, juste en tant que démo à l’époque. C’est durant ce confinement que je leur ai proposé, maintenant que je peux tout faire « et pourquoi on n’enregistrerait pas ces morceaux qu’on n’a jamais enregistré ? ». Avec ce groupe, c’est presque comme si j’avais à jouer un personnage pour chanter ces morceaux-là, car ils sont plus sombres, plus mélodique que juste du metal, rien que les paroles. Ce n’est plus vraiment ce que j’écris de nos jours, mais ça me rappelle mes années de comédie musicale et de cabaret où on doit jouer des rôles différents. Aujourd’hui, ce que je produis me représente plus, et je n’ai pas besoin de jouer un rôle. Pour autant, c’est un peu plus dur car cela veut dire être vulnérable, c’est s’ouvrir complètement et être presque nue. 66 Steps, c’est plus jouer un rôle, cela me rend moins vulnérable, même s’il y a des sujets qui me touchent et dont j’ai fait l’expérience. On a joué un concert récemment, et je me suis vraiment rendu compte qu’il fallait je me remette dans ce monde qui est différent du mien actuellement. Mais c’est cool comme expérience ! J’aime beaucoup faire ça, et avoir plein de projets différents.

En parlant de rôles justement, vous aviez mentionné dans une interview un rôle qui vous avait aussi accaparé en début de carrière de musicienne solo : votre rôle en tant que mère. Cela se reflète même dans le titre de votre nouvel album, Mothers of a New Nation. Est-ce que cela renvoie à cet aspect maternel qui vous a autant marqué ?

Ah, c’est sûr, mais j’entends aussi qu’en tant que mère, on est aussi créatrice, tandis que new nation renvoie au renouveau, une renaissance. En tant que mère, j’ai choisi quand les enfants sont nés, et quand ils étaient bébés, j’ai choisi de ne pas tout arrêter, d’être quand même là pour eux, pendant que mon mari [NDLR : Robert Trujillo, bassiste de Metallica] était souvent en tournée durant ces années-là. Je les ai aussi très souvent amenés durant ces tournées, ce qui les a influencés à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui. J’avais arrêté un peu de sortir du physiquement visible ou tangible pour vraiment m’occuper d’eux, mais sans vraiment arrêter à l’intérieur. Mothers of the New Nation pour moi, c’est ce renouveau, à la fois sur le plan personnel mais également sur le plan universel, dans ce « nouveau » monde, de vraiment inspirer les gens à être créatif. En tant que famille, nous avons assez bien vécu le confinement, parce que chacun d’entre nous est très créatif. On ne s’ennuie jamais quand on est créatif ! Il y a toujours quelque chose à faire, et j’espère inspirer comme ça d’autres à être créatif et à oser des choses, parce que c’est difficile aussi de se présenter nu comme ça, être vulnérable, être critiqué ou aimé… Ce n’est pas forcément toujours facile, car on ne sait pas la réponse qu’on va provoquer. Moi, je me souviens de mes premiers d’expositions [de peinture] à Paris comment je flippais ! Le truc qui est bien avec les expositions, c’est qu’on met notre art sur les murs et on peut se cacher dans un coin en attendant les gens. Et là, c’était la première fois que je les montre dans une galerie, où il y a des inconnus qui vont venir juger. Parce que c’est bien si ce sont des amis, la famille, qui vont dire « c’est super ce que tu as fait !», c’est sympa, mais le fait d’avoir des étrangers et de savoir qu’on puisse toucher quelqu’un qu’on ne connait pas d’une façon ou d’une autre, ça fait toujours quelque chose. On se dit qu’on a fait notre travail, car on a inspiré cette personne, on l’a touchée…

C’est difficile de rester insensible à toute cette manne de créativité ! C’est quand même un album qui est aussi très à votre image d’aujourd’hui. Ayant plutôt un passif plutôt orienté metal, on pourrait s’attendre à une prédominance de noir, mais nous avons là une foultitude de couleurs, accompagnés de paroles parfois sombres. C’est encore une dichotomie qui ressort dans votre travail artistique.

C’est marrant parce que quand je rencontre des gens, ils me voient à la façon dont je m’habille, en pantalon rose par exemple, et ils ont du mal à imaginer que moi j’écoute du Carcass, du Obituary… [NDLR : des groupes de death metal] Mais tu vois, j’adore, c’est ce qui me met la pêche ! C’est pareil pour mes peintures avec toutes les couleurs, on s’attend à ce que ça soit joyeux, mais en fait, pas forcément, avec des messages derrières, comme pour ma musique et mes paroles, qui sont soit des souffrances, soit des choses assez noires. Au final, c’est l’art qui transcende ça en quelque chose de positif, c’est comme ça que je vois les choses.

Cette transformation de cette vulnérabilité se voit aussi à travers les clips où vous êtes toujours au centre. D’ailleurs, il y a un clip pour chacun des morceaux de cet album, ce qui se fait de plus en plus. Est-ce que c’était un choix conscient de faire un clip sur tous les morceaux ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ça ?

C’est une bonne question. Je voulais faire quelques visuels et quelques clips parce que je suis aussi quelqu’un de visuel, et je trouve qu’avec un morceau, c’est sympa d’avoir des visuels comme ça. J’ai une fille qui est devenue maintenant une très bonne amie, comme une sœur, et qui est Française et habite d’ailleurs pas très loin de chez moi. Elle réalisait de nombreuses pubs, avec beaucoup de monde en France, et elle en faisait encore ici des pubs. Je voulais juste lui demander conseil au départ, et on a décidé qu’on allait se faire une marche dans les montagnes pour lui parler de mes idées. Au fur et à mesure qu’on discute, elle commence à me dire « non, mais moi, je te la fais ta vidéo ! ». Sur le moment, je lui lance mon track pour la première vidéo, qui était Tide, qu’elle a adoré. Me connaissant, elle avait des super idées et je lui dis « Écoute, je te laisse carte blanche, tu fais ce que tu vois ». On a commencé à filmer, ce qui nous a pris énormément de temps parce, tellement il y avait de plans. On savait où on allait, mais ce morceau est long, ce que j’ai entendu plein de fois de sa part ! Il y a eu une telle belle collaboration sur cette première vidéo, qu’elle m’a proposé de lui envoyer un autre. Elle me dit « Je vois ça comme ça… comme ça… comme ça ». Au fur et à mesure, elle a fait tous les morceaux et c’était super cool. Moi, j’adore qu’il y ait une vidéo par morceau. En fait, il nous en manque une parce qu’on a sorti les deux tubes bonus avec l’album, et on est en train de filmer la dernière vidéo live qu’on a décidé de sortir. Ce qui était vraiment voulu, c’était de sortir cette vidéo un peu après. Tout ça est partie d’une entente et d’une collaboration vraiment facile et qui fait plaisir. Je veux dire, c’est un plaisir de travailler avec elle et elle me dit toujours que c’est un plaisir de travailler avec moi. On s’entend super bien, on rigole quand on fait les vidéos. C’est ce qui compte le plus c’est qu’on passe du bon temps en faisant ce qu’on a à faire.

En parlant de clip, un des derniers clips sortis est pour le morceau Bliss, également la dernière et la plus longue piste l’album. Ce qui attire l’œil dans le clip de Bliss c’est que ça reprend justement chacun des autres clips, où on retrouve des images et des extraits, y compris de votre famille. Dans ce titre, il y a une dimension théâtrale, qui marque clairement la fin de l’album, transportant celui qui écoute. Avec une intro très influencée par le heavy metal, qu’est-ce qui a amené ce titre tel qu’il est aujourd’hui ?

Ce titre je l’ai réalisé avec un ami à moi, qui s’appelle Romain et que j’ai connu au lycée et qui m’avait envoyé ses idées. J’en ai écrit mes mélodies et les paroles et j’ai adoré le résultat. Ce côté très théâtral sur la fin, avec un passage intense et une sirène par exemple, ça s’est décidé au dernier moment pour faire un grand final. C’est le morceau final et Anne, qui m’a fait la vidéo, a eu cette même impression en disant qu’on allait tout remettre ensemble, leur rappeler des moments de chaque vidéo, de chaque morceau qui est passé et rajouter des nouvelles choses. Bliss a plusieurs significations, parce qu’il y a des sous significations, mais en tant que dernier morceau, il représente l’étape où je suis exposé au monde, le dernier pas en avant. Les paroles qui sont là, entre la vie et la mort, la raison de la vie… Le sujet rend à l’idée de créer et faire partager un maximum tant qu’on peut. Parce que le jour où on ne sera plus, ce sera trop tard. Ce titre permet de clôturer un chapitre.

Fascinant ! Mais malheureusement, nous nous approchons de la fin de notre interview. Pour clôturer, est-ce que vous serez capable de partager quelque chose qui surprendrait ceux qui nous lisent ?

En fait, j’ai l’impression d’avoir eu plusieurs vies parce que j’étais pilote, par exemple. Les gens ne savent pas, mais j’ai un passé de scientifique, j’ai eu tellement de choses qui m’ont amené là où je suis aujourd’hui, mais qui n’ont pas toujours été très faciles à vivre. C’est pour ça que j’ai eu l’idée d’écrire, en commençant à écrire un livre, pour inspirer et motiver et montrer que, quoi qu’il arrive, on peut toujours arriver à créer. Quand je parle de créer, ce n’est pas forcément la musique de l’art, mais créer sa vie, sa réalité. En restant concentré, et en essayant de ne pas être distrait, il y a des idées qui nous parviennent, malgré les coups qui vont nous arriver. C’est peut-être un aspect dont je parle le moins, mais c’est ce qui m’inspire à écrire. Je ne sais pas après si ce sera reçu comme idée, mais par exemple, il y a deux jours, je me suis levé très tôt le matin et j’ai commencé à écrire sur deux petits carnets que j’avais commencé l’année dernière. Et puis il y en a un que j’avais commencé à écrire il y a peut-être cinq, six ans de ça. Et là, ça m’est revenu à l’idée et j’ai eu une bouffée d’inspiration en mettant vraiment les moments forts qui me sont arrivées dans la vie, et qui m’ont dirigée vers différents chemins. Je pense que ce serait une autre façon de m’exprimer, une autre façon de partager qui, j’espère, va aussi en inspirer d’autres.

Merci beaucoup pour votre temps, et nous sommes impatient de voir ce que vous allez nous partager à l’avenir !

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