Ce mercredi 10 juin 2026, l’Olympia a vibré sous les assauts d’une des propositions les plus radicales du Rock progressif. Sous l’entité BEAT, quatre monstres sacrés se sont réunis pour ressusciter la mythique trilogie des années 80 de King Crimson. Un concert d’une précision chirurgicale qui a bousculé les tympans.

Ressusciter le répertoire des albums DisciplineBeat et Three of a Perfect Pair sans le maître d’œuvre originel Robert Fripp était un pari fou. C’est pourtant le défi relevé par BEAT, un supergroupe d’aliens musicaux adoubé par Fripp lui-même.

Fondé en 1968, King Crimson est un vrai pilier du Rock progressif. Mais loin des envolées symphoniques, le groupe a toujours été un laboratoire d’expérimentation féroce. Au début des années 80, ils opèrent une mutation radicale : une fusion entre New Wave, Rock minimaliste et polyrythmies complexes. Cette musique déroute, elle déstabilise par ses dissonances calculées et ses structures asymétriques. Hier soir, le public n’est pas venu pour fredonner des refrains, mais pour assister à une démonstration de haute voltige.

Pour porter cette complexité, il fallait quatre des plus grands techniciens de la planète. BEAT réunit ainsi deux anciens membres historiques de la formation. Adrian Belew d’abord, au chant et à la guitare, voix de cette période 80’s et ancien complice de Bowie et Zappa, qui apporte ses textures sonores uniques et ses bruitages légendaires (Elephant Talk). Tony Levin ensuite, bassiste historique du groupe et bras droit de Peter Gabriel depuis plusieurs décennies. Armé de sa basse et surtout de son Chapman Stick (instrument hybride combinant cordes de basse et de guitare jouées en tapping), cette légende vivante a posé les fondations rythmiques de la soirée.

Pour compléter ce line-up de haute volée, il fallait des invités à la hauteur de l’enjeu. Comment remplacer le jeu de Robert Fripp ? En faisant appel à l’un des plus grands virtuoses de la guitare. Révélé lui aussi par Frank Zappa, devenu superstar du Rock instrumental dans les années 90, Steve Vai a abordé le répertoire avec une humilité et une ferveur extraordinaires, reproduisant les boucles complexes de Frame by Frame avec panache.

La batterie était quant à elle confiée à Danny Carey, le monstre sacré de Tool — formation culte du Métal progressif mondial. Sa puissance de frappe a donné au répertoire de King Crimson une dynamique moderne phénoménale, comme sur le dantesque Indiscipline.

Une soirée époustouflante de technicité, déroutante pour les non-initiés, mais traversée par des moments de grâce absolue comme l’aérien Matte Kudasai.

Pour découvrir ce projet, leur récent album live « Neon heat disease – Live in Los Angeles » est disponible.

Steve Vai sur la scène de l’Olympia avec BEAT

 

Nous remercions AEG pour l’accréditation ainsi que l’Olympia pour son accueil.

 

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