Ce samedi 10 octobre, la salle du Plan à Ris-Orangis n’était pas simplement le théâtre d’un concert, mais le cœur battant de la culture antillaise. Dans le cadre du Mois Kréyol et en partenariat avec le festival Ville des Musiques du Monde, la mythique formation guadeloupéenne Akiyo a offert une prestation généreuse, transformant la nuit essonnienne en un rassemblement chaleureux et engagé.

Avant même que les premières percussions ne résonnent dans la grande salle, le public a pu déambuler au sein d’un village créole spécialement installé pour l’occasion. Entre stands d’artisanat ultramarin et effluves gourmands de spécialités antillaises, l’endroit est vite devenu un lieu de rassemblement festif et vivant, célébrant la richesse des cultures ultramarines avec la venue d’une formation mythique de la musique guadeloupéenne.

Parler d’Akiyo comme d’un simple groupe de musique serait réducteur. Fondé à la fin des années 1970 à Pointe-à-Pitre, Akiyo est une véritable institution, un mouvement culturel et citoyen fondamental dans le paysage guadeloupéen et ultramarin. Ancré dans la tradition du Carnaval de Guadeloupe, Akiyo s’est toujours donné pour mission de préserver l’identité guadeloupéenne, de porter une conscience sociale et politique forte, tout en sublimant le patrimoine musical de l’île.

Au centre de cet univers sonore se trouve le Gwoka, cette musique et danse traditionnelle née à l’époque de l’esclavage et articulée autour du tambour ka. Une importance patrimoniale universelle consacrée en 2014 par son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

Sur la scène du Plan, la magie a opéré sous la conduite de la figure emblématique du projet, Fanswa Ladrezeau, qui s’est entouré de musiciens historiques d’Akiyo mais aussi d’une jeune génération qui perpétue cette tradition du Gwoka.

Fanswa Ladrezeau, figure emblématique d’Akiyo

Dès la tombée du premier coup de tambour, la frontière entre la scène et la salle s’est évanouie. Porté par la polyrythmie hypnotique des ka, les chants répondant aux voix des solistes et une énergie scénique débordante, le public du Plan ne s’est pas contenté d’écouter : il a chanté, dansé et vibré à l’unisson tout au long de la soirée.

Après deux heures intenses, les tambours se sont tus à Ris-Orangis mais le souffle de la Guadeloupe continue de tourner en Île-de-France. Rendez-vous notamment au Zénith de Paris le 1er novembre pour une grande soirée autour du Gwoka, lors de laquelle vous pourrez retrouver Fanswa Ladrezeau mais aussi de très nombreux autres artistes emblématiques de la scène guadeloupéenne.

Nous remercions le Plan pour l’accréditation et pour son accueil !

AKIYO

 

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