Torpedo et le B7Klan frappent fort cette année avec un festival unique, qui a lieu pour la première fois en Europe : le J-Rock Fest. Un festival sur 2 jours à l’Arena Grand Paris, réunissant le gratin de la scène Visual Kei et du Rock japonais. Un événement qui était donc très attendu des fans français, mais également d’un peu partout en Europe, qui n’ont pas vu la plupart des groupes depuis très longtemps dans leurs contrées.
SISEN
L’entrée dans la salle se fait avec un séance DJ set par SiSeN qui est là pour nous mettre dans le bain. Quoi de mieux qu’une petite séance Electro/V-Kei pour nous laisser le temps de nous installer, en fosse ou en gradin, et pour nous préchauffer malgré la chaleur extérieure ? Petites bulles et jeux de ballon conjointement au programme pour un départ animé et ludique.
SOUFFRE
Nos français de Souffre ne sont pas totalement inconnus à l’ambiance et au style. Ils avaient déjà fait la première partie de Deviloof l’année dernière lors de leur passage dans la capital, une formalité donc pour eux de se frotter aux artistes japonais.
On commence donc par le set le plus lourd et le plus Metal du jour, plongés directement dans le vif du sujet. Il faut avouer que le son s’approche plus d’un Rise of the Northstar que de Versailles, mais la qualité du show est là. Si on peut leur trouver des points communs à nos japonais c’est plutôt pour leur volonté de chanter dans leur langue natale, ainsi que pour leur goût pour un visuel prononcé, porté par des tenues de scènes travaillées et pour leur chanteur masqué. Contre toute attente, côté public l’ambiance prend plutôt bien, ou en tout cas les plus métalleux sont largement au rendez-vous. Un pari risqué qui fonctionne donc plutôt bien !
Setlist :
Intro
Enfant du Tonnerre
Esclave heureux
Combustion animale
Derrière le masque
Horizon
Dévotion/connexion
MUSYOZOKU
Non annoncé à l’avance mais ayant rejoint l’affiche car vainqueur du concours pour participer au festival, Musyozoku était le dernier nom ajouté à l’événement. Jeune formation pourtant, ce sont eux qui l’ont emporté haut la main face au vote du jury constitué pour l’occasion et du public qui avait également son poids dans les scrutins.
A peine arrivé sur scène, Musyozoku a déjà conquis la salle. L’intro se fait avec une alerte en français, interdisant quiconque de faire demi-tour, mais de toute façon le public dans la fosse est agglutiné devant la scène pour admirer le spectacle. Bassiste à la dégaine de clown, chanteur avec son sac à dos rouge d’écolier sur le dos, le ton est donné pour un visuel qui se veut parodique. Hurlements grinçants, growls des enfers et voix plus chantées sont tous effectués dans une technique parfaite, accompagnés d’une instru intense qui fait également trembler les murs. Le public crie à pleine voix au rythme de la musique, largement hypé dans l’ambiance, pas moins lourde que précédemment. Les interactions lancées depuis les planches sont également nombreuses et largement récompensées en qualité de réponse. La fête est au rendez-vous et le contrat est rempli haut la main ! Si certains ont pu se questionner sur la présence de titres appartenant à gulu gulu –Oyasumi., entre autres-, il est peut être nécessaire de leur rappeler que Musyozoku est la continuité directe de ce groupe, d’où ces reprises qui n’en sont pas vraiment.
Setlist :
Intro (SE)
Hen na merry go round (gulu gulu cover)
Chuuzuri Shoujo (gulu gulu cover)
Gouon to Niidoru
Rakuen ni Shisu
Oyasumi. (gulu gulu cover)
Hidarite wa Snuff Film (gulu gulu cover)
CHILD’S PLAY?
Kubiwa kyōiku no susume (gulu gulu cover)
Outro (SE)

KIZU
Kizu nous offre une entrée dantesque pour un public déjà bouillant. L’énergie est là et le quatuor donne tout ce qu’il peut très rapidement. Si l’on sort pourtant des voix gutturales précédentes pour ici quelque chose de plus aiguë, l’intensité ne manque pas. La foule saute sans arrêt les mains en l’air pour manifester sa contribution et supporter le groupe, qui malgré une notoriété moins accomplie était pourtant bien attendu par le public ici. On retrouve sur scène les codes d’un show à la japonaise, avec des musiciens en harmonie parfaite les uns avec les autres dans leurs mouvements. On a le droit tout de même à un passage un peu plus calme en début de titre pour Heisei qui signe une ouverture à la guitare acoustique, puis plus sombre avec Oni qui démarre a cappella. Le dernier tiers de set se veut plus énergique et toujours plus entraînant pour le public.
Setlist :
Jigoku
Kizuato
Heisei
Kuroi Ame
Oni
Little Girl wa Yandeiru.
Strawberry Blue
Buta
R/E/D/

LM.C
Place à la nostalgie avec les pionniers de l’Oshare-Kei, LM.C, qui démarrent presque timidement face à un public qui l’est tout autant. Mais dès le second titre avec Oh my Juliet tout se déride très vite et le public embarque en chantant. Le reste suit tout naturellement dans une ambiance parfois joyeuse, parfois plus mélancolique. Maya s’essaye également à un petit discours en français pour remercier les fans de leur présence au cours de toutes ces années. Le titre 88 est chanté à plein poumon par l’ensemble de la foule qui ne semble jamais fatigué. Contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, le duo est également accompagné de 2 musiciens de session pour les postes de bassiste et à la batterie. LM.C n’a vraiment rien perdu de sa splendeur et sonne toujours aussi frais qu’à leur début, avec toujours la même passion.
Setlist :
LET ME’ CRAZY!!
Oh my Juliet
DOUBLE DRAGON
Funny Phantom
88
Campanella
Chameleon Dance
Elephant in the Room
The Buddha
BOYS & GIRLS

MUCC
Voici venu MUCC, l’un des piliers du jour avec une carrière qui avoisine désormais les 30 ans. Pour nous le rappeler, leur dernier album s’intitule d’ailleurs sobrement “1997”.
Le groupe nous fait une entrée plus sobre également que leurs précédents compères. On est ici dans un J-Rock plus doux et plus mature, mais toujours puissant. Le public se joint à l’ambiance via des levées de main et des têtes qui headbang, signe d’une participation active. L’intensité monte progressivement au fil des titres pour une instru bien lourde comme on aime. La hype monte crescendo sur Suiren puis Psycho pour une fosse toujours plus participative. L’intérêt est aussi palpable côté gradin, où du monde se lève progressivement. Entre deux titres, on a droit à un discours un peu en français, un peu en anglais, mais pour le coup plutôt bref. Le batteur Natsu, bien que membre de session est aussi mis à l’honneur. La setlist est plutôt hétérogène dans la provenance des albums d’origine, pour le grand bonheur des fans des différentes époques de leur répertoire. Petites reprises brève de Nirvana au passage d’ailleurs dans le lot. La présentation de leur titre venant de l’album éponyme Never Evergreen est un franc succès en live, de quoi donner envie à notre trio de poursuivre encore longtemps.
Setlist :
Suiren
Psycho
Fuzz
Iris
Ageha
LIP STICK
Ao
Never Evergreen
(Nirvana cover)
Heide
Saishuu Ressha

VERSAILLES
On ne les avait pas vu dans nos contrées depuis 2017 mais Versailles est bien de retour ! Pionniers incontestés de la scène Visual-Kei aux influences aristocratico-baroques, Kamijo et sa bande sont de retour ensemble sur scène.
L’entrée de Versailles se veut majestueuse comme toujours et dans un frisson général, sur l’ouverture Prélude de leur album Noble. Pas de fioritures sur scène mais une bande toujours aussi sublime dans leur costume d’inspiration médiéval. Les titres s’enchaînent en toute fluidité avec une dominante au démarrage tiré du même album. Côté public, c’est la folie pure et les appels de Kamijo ne laissent personne indifférent. Les lancés de roses lumineuses dans la fosse sont un carnage et chaque mouvement de Kamijo fait tourner toutes les têtes. Les solos de Teru et Hizaki sont d’une technique impressionnante et d’une rapidité déconcertante, et Masashi et Hiroki, respectivement à la basse et, de session, à la batterie, sont également acclamés. Le groupe semble avoir retrouvé une complicité sincère quant aux échanges et moment de proximité les uns avec les autres sur scène. On sent que les gestuelles et interventions sont millimétrées, calées pour un effet toujours époustouflant, même lorsque l’on connaît leur mimiques respectives. Mais la grande surprise ce soir c’est surtout, l’annonce en live de taille ! Versailles nous l’a promis, ils viendront se produire l’année prochaine à Paris pour célébrer leur 20e anniversaire ! La fin du set se voit arriver trop rapidement car tout le monde en demanderait encore, les musiciens les premiers. L’émotion est palpable et l’on aura bien remarqué les petites larmes timidement essuyées par les membres qui ont l’air vraiment heureux d’être là. La fin de soirée se fait donc sur un au revoir qui ne devrait pas durer trop longtemps, et pour les plus impatients d’entre nous, il est toujours possible d’essayer de trouver une dernière place pour le concert de Kamijo -solo- qui se produira à Paris en septembre prochain.
Setlist :
Prelude (SE)
Aristocrat’s Symphony
Shout & Bites
Masquerade
Suzerain
Zombi
Gekkakou
Vampire
Ascendead Master
Sympathia
The Revenant Choir
Symphony of The Revenant Choir (SE)
Merci à B7Klan pour cette première journée riche en émotion, on a hâte d’être demain pour la suite !
Crédits photos : Jee Chung ; Manon Violence




