Nous voilà déjà au deuxième jour de ce J-Rock Fest, plus frais que lorsqu’on l’a quitté la veille, mais avec toujours autant d’impatience à découvrir les groupes du jour, tous aussi attendus les uns que les autres.
L’entrée dans la salle se fait comme la veille, avec toujours SiSeN aux commandes des platines et dans un esprit toujours aussi bon enfant.

IMPERIAL AGE
Véritable OVNI du week-end, Imperial Age ouvre les festivités. Si l’on a du mal a y voir un rapprochement avec le Visual Kei ou le J-Rock de manière générale, on ne peut nier l’intensité visuelle et musicale déployée pour l’occasion. En revanche, on retrouve un démarrage plutôt Metal, ici même Power-Epic voir par moment Black-Death, qui rappelle un peu le démarrage de la veille. Le public semble plutôt apprécier, répondant positivement et en rythme à la prestation. Pour l’occasion, ils nous interprètent pour la première fois en exclusivité leur prochain titre re:BORN à venir prochainement, au mois de septembre. Si l’intention est là, on note tout de même quelques passages plus interrogatifs dans leur prestation, montrant le potentiel encore à exploiter, sans doute dans d’autres conditions également.
ANCAFE
AnCafe arrive à peine que le public est déjà en feu et pour cause, ils font partie des groupes très attendus de la journée. Le démarrage se fait dans les starting blocks, avec tout de même une petite introduction de Miku bien travaillée. Lorsque le groupe embraye sur Kakusei Heroism, c’est tout le public qui s’embrase aussitôt pour une intensité qui ne bougera pas le reste de leur show, puisque tout leur set est composé de titres plus emblématiques les uns que les autres. Chaque membre aura également son propre moment pour un petit discours en français, et l’on retient particulièrement Kanon qui nous aura fait un “Kamé Hamé Ha” pendant son tour. On ressent bien la complicité qui règne entre les membres sur scène et leur joie à être ensemble pour s’amuser même s’ils prennent évidemment du plaisir individuellement à jouer.
Setlist :
SE – SUMMER DIVE ’08
Maple Gunman
Kakusei Heroism ~THE HERO WITHOUT A « NAME »~
Snow Scene
Escapism
Cherry Saku Yuuki!! (Re:Bloom)
MY ♥ LEAPS FOR « C »
Meguriaeta Kiseki
AROMA
Sennen DIVE!!!!!
Smile Ichiban Ii ♀ ~2015 ver.~
SE – Smile Ichiban Ii ♀ (English Version)

AZAVANA
Azavana vient déployer des sons plus lourds que précédemment. Pourtant, il y a toujours un côté presque dansant et chantant persistant, ce qui en fait une très belle découverte en live. On a toutefois quand même quelques passages screamer qui viennent ponctuellement assombrir le tableau pour quelque chose de plus sérieux. Encore une fois, le public est bien dedans et s’agite au rythme des notes qui défilent. Set plus court que le précédent oblige, les interventions du groupe sont moins nombreuses, ou du moins, relèvent plus de la gestuelle que de la parole. Certains passages se veulent tout de même un peu plus doux, rappelant que l’on reste globalement sur un esprit Rock. Paradoxalement à leur jeune âge en terme de formation, le groupe semblerait presque s’inscrire musicalement et visuellement dans la mouvance de la 2nde moitié des années 2000, dans une proximité certaine donc des autres groupes avec lesquels ils partagent la scène.
Setlist :
Gala
Azami
Higanbana
Haiirono Umi wo oyogu hotaru
Kagerou
Yumeutsutsu
Rasen

JILUKA
Jiluka peut faire office également d’ovni parmi les groupes japonais, tirant un peu plus dans le Metal que tous leurs homologues du week-end. C’est donc assez logiquement que Ricko cherche à lancer des circle-pit et wall of death, choses bien moins conventionnelles pour le public présent. Mais le groupe est tout de même bien accueilli avec une foule qui saute, qui lève les bras et qui bouge avec intensité. Autre élément inhabituel également, Sena, le guitariste, qui rap autant qu’il gratte! Mais cela fonctionne très bien et ne semble que peu déplaire. Influences Deathcore obligent, il n’y a que très peu de voix claire mais plutôt des screams, growls et pig-squeals intenses. Scéniquement, on est également dans cette veine : colorimétrie proche du noir, électrique, avec des contre jour comme on les aime (ou pas en photo !). Côté instru, tout le monde se défend bien, en premier lieu la guitare pour nous lancer régulièrement des solos en envolées de gamme. Ce ne sera finalement qu’à la fin que l’on aura enfin un wall of death qui réussira tant bien que mal à se faire. Oubliez ici le blabla avec Jiluka, ils ne sont là que pour la musique !
Setlist :
KVLT
VENOM
BLACK
SAVAGE
OVERKILL
HELIX
LUST
IDOLA
D’ESPAIRSRAY
D’espairsRay démarre à peine que l’on est déjà dans le dur avec du très très lourd. La fosse s’enflamme dès le premier titre, Garnet, et rien ne semble pouvoir calmer le feu qui l’anime même dans les gradins, la folie se fait ressentir. Le set se fera avec la majorité des titres phares du groupe, difficile tout de façon d’en être autrement avec un répertoire qui contient autant de pépites. Mais le groupe ne compte pas tabler que sur les réussites du passé et nous présente donc en bonne et due forme leur petit dernier Rapture. La performance est plus que remarquable et il semble difficile d’imaginer qu’une période forcée de coupure aussi longue s’est écoulée, tant la qualité est au rendez-vous et la prestation de Hizumi remarquable. La baisse de saturation dans les enceintes par rapport aux autres groupes est également appréciable, permettant de profiter pleinement de tous les instruments. Le groupe achève son set sur Mirror et nous promet d’ores et déjà un retour prochain par la capitale !
Setlist :
Garnet
REDEEMER
BORN
Forbidden
RAPTURE
Infection
PARADOX5
アベルとカイン
LOVE IS DEAD
DEVIL’S PARADE
MIRROR

MOI DIX MOIS
Nous voilà donc au moment probablement le plus attendu de week-end avec Moi Dix Mois qui compte à sa tête l’une des figures les plus emblématiques du monde du Visual-kei, Mana-Sama (“Sama”, pour “Dieu” en japonais, rien que ça). Actifs depuis 2002, ils ne cessent de faire vibrer la scène, sans jamais faiblir.
Le démarrage est à leur image, sombre et grandiose, sur En Lumière immédiatement suivi par Dialogue Symphonie. Les premières larmes du public essuyées, tout le monde est happé. Tout est envoûtant sur scène : autant la voix de Seth, des instrus, ou que l’ambiance visuelle et gestuelle. Il y a cette ambivalence qui ressort d’autant plus chez Moi Dix Mois entre leur aspect très majestueux et leur son très sombre et lourd, une beauté qui vient nuancer l’agressivité et qui nous laisse sans voix. Leur passage sonne comme un orage grondant au-dessus de nos têtes, aussi puissant qu’impitoyable. Tout est théâtral mais parfaitement maîtrisé pour ne pas tomber dans le ridicule.
L’ambiance visuelle change un poil en cours de route, plus abyssal, profond et toujours plus noir, éclairé presque qu’à la lampe torche à partir de monophobia pour quelques titres. On voit que le show est préparé, calibré et millimétré, y compris pour les interventions, toutes sans exception uniquement en japonais. Seth en profite pour nous parler de leur identité et de leur inscription dans le Visual Kei, ainsi que de leur amour porté au public et au Visual Kei. Dénotant un poil dans l’ambiance générale de la scène, Ryux aura le mérite de nous faire sourire avec sa référence bien française en prônant fièrement sa peluche de Rémi de Ratatouille.
Avant le premier rappel, Mana fait sa promotion seul, avant d’aller changer de guitare, passant de sa jeune fille bleue à blanche, puis l’on reprend en grande pompe collectivement avec forbidden. Le rappel final se fait, lui, avec lightsticks et/ou les mains en l’air sur Pageant. Au final, tout cela est passé bien trop vite, trop de titres semblent manquer mais il faudrait une soirée entière rien que pour eux pour nous satisfaire de tous les morceaux attendus. Ce sont donc sur des aurevoirs, qui espérons-le seront de courte durée, que le groupe nous quitte.
Setlist :
SE – En Lumière
Dialogue Symphonie
front et baiser
Angelica
Interlude (Solitude Intro)
Solitude
Beast Side
Immortal Madness
Dead Scape
Perish
monophobia
SE – Voice From Inferno
La dix croix
Ange ~D side holy wings~
Encore 1 :
forbidden
Je l’aime
Encore 2 :
Pageant
Outro (SE)
Encore un grand merci au B7klan pour l’organisation de ce premier (et espérons-le, pas le dernier !) J-Rock Fest qui nous aura permis de vivre des montagnes russes d’émotions, mêlant joie, nostalgie, impatience, fascination et amour musical. Merci également à eux de nous avoir permis d’être présent et particulièrement à Elodie Briffard pour l’accueil presse et son énergie à faire en sorte que tout se passe au mieux, y compris pour les conférences de presse – à retrouver dans la section Interviews de notre site !
Crédits Photos : Jee Chung et Manon Violence




