Groupe emblématique du sous genre de l’Oshare-Kei, LM.C revient enfin en France après 14 ans d’absence. Pourtant, c’est l’une des quelques formations de ce week-end à n’avoir jamais connu de pause ou de hiatus durant leur carrière. L’occasion pour nous donc de revenir sur leur carrière et parler de leur anniversaire de formation, comprendre leur rapport à la musique et leur façon de travailler, tout en abordant leurs fans et leurs impacts sur leur évolution, autant avec sérieux que parfois plus de légèreté. 

Maya (vocaliste, à gauche) et Aiji (guitariste, à droite)

Cette année marque les 20 ans de LM.C, quel regard portez-vous sur votre évolution ? 

Avant l’événement qui commence aujourd’hui, cela faisait longtemps que nous n’étions pas venus en France. En étant ici, ce que l’on ressent, c’est que nous voulons que cela continue encore et encore.

Pour votre CD anniversaire, vous avez chacun choisi 10 chansons. Est-ce que vos sélections racontent la même histoire ou deux visions différentes de LM.C ?

Maya : Ce qui est similaire c’est que les chansons apportent du soutien aux auditeurs. De mon côté, j’ai voulu raconter une histoire qui lie les titres par leur type et leur couleurs. 

Vous prévoyez une box anniversaire pour le mois d’octobre avec un tourne-disque aux couleurs de l’anniversaire, en plus d’un vinyle spécial. D’où vous est venue cette idée ?

C’est grâce à notre staff qui était présent au début de notre carrière, il y a 20 ans. ce sont eux qui nous ont fait cette suggestion.

Quel regard portez-vous sur l’évolution du public qui a grandi avec vous et a connu l’évolution du groupe ? 

Maya : Cela faisait 14 ans que nous n’étions pas venus. Je sens que tout le monde a grandi, mais il y a aussi des choses qui n’ont pas changé. Quand je reconnais des personnes qui étaient présentes à l’époque, je suis content. Je sens qu’ils ont évolué, dans leur style et dans l’ambiance qu’il y a.
Aiji : Je suis reconnaissant de retrouver les fans de France et d’Europe qui nous suivent depuis longtemps et qui était déjà présents il y a 20 ans. Je suis rassuré de voir que tout le monde a bien grandi. 

Si vous deviez choisir un titre qui représente vos 20 ans de carrière, ce serait lequel ? 

Ce serait le titre BOYS&GIRLS [2ème opening de l’anime Katekyo Hitman Reborn!]. C’est un titre qui a permis de faire connaître LM.C dans beaucoup de pays dont la France, donc c’est excitant de la jouer en live. C’est définitivement ce titre-là.

Si dans le futur vous pouviez refaire un titre pour un anime, ce serait pour lequel ? 

Si c’était possible, ce serait pour Sazae, au Japon. C’est un manga vieux de 60 ans où l’on suit les histoires d’une ménagère qui s’appelle Sazae-san. Ce serait vraiment super. 

Il y a un équilibre entre votre positivisme et la noirceur de certains morceaux dans les textes. Est-ce que c’est un choix assumé dans votre identité ? 

La force qui émane est positive mais au-delà de ça, il y a quelque chose que je souhaite transmettre et qui permet à chaque personne de se démarquer. Ce que je veux transmettre, c’est de l’énergie vraiment positive, or, pour la communiquer, si l’on se contente d’exprimer du positif, je ne pense pas que cela fonctionne aussi bien, juste en la présentant comme un miroir. C’est donc le principe du Yin et du Yang dans l’idée que j’applique. En utilisant deux énergies opposées, elles ne deviennent plus qu’une, et donc les deux sont nécessaires. Ce n’est pas mon mental qui faiblit, juste que j’utilise différentes formes pour faire passer le message que je veux transmettre. C’est de cet équilibre que tiennent le Yin et le Yang. 

Est-ce que vous prévoyez de faire revivre votre alter-ego “The Mad LM.C” ?

Nous travaillons dur pour les 20 ans de LM.C, et même si nous savons que c’est populaire, ce n’est pas dans nos plans. 

Quand on joue des titres qui ont 20 ans, est-ce que les fans ajoutent une nouvelle dimension à leur signification ?

Effectivement, je pense que c’est le cas. En fin de compte, nous ne pouvons pas marquer l’histoire de manière significative par nous-mêmes. J’ai donc le sentiment que ces chansons ont évolué et pris de l’importance à force d’être écoutées.

Vous n’avez pas l’impression que finalement ces chansons appartiennent plus aux fans qu’à vous ? 

Eh bien, il y a un peu de cela. Mais en même temps, ce sont nos chansons, et nous sommes les propres fans de notre groupe, les plus grands même (rire), donc je pense qu’elles appartiennent vraiment à tout le monde.

Comment percevez-vous l’évolution de la musique japonaise entre vos débuts et maintenant ? Est-ce que cela vous a fait changer votre façon de travailler ? 

Maya : Je ne me laisse pas influencer par d’autres artistes, au Japon ou ailleurs dans le monde, avec ce qu’ils font. Dans ce sens, je ne pense pas que nous avons changé, nous avons toujours fait ce que nous souhaitions depuis le début. Peut-être que du point de vue d’un fan vous pouvez voir des changements. Par exemple, quand nous avons sorti une chanson Pop entraînante, l’approche semblait différente ; pourtant, comme nous avons toujours fait ce que nous voulions depuis le début, l’essentiel n’a pas changé. Cela dit, notre palette musicale s’est élargie. Mais nous avons toujours fait de la Pop-Music percutante, le genre ne change pas. 

Il y a beaucoup de jeunes qui aiment le milieu du Visual Kei mais qui n’osent pas exprimer ce qu’ils pensent notamment à cause du regard de la société. Quels sont vos conseils pour ces jeunes pour se lancer ?

Il y a des groupes qui font peur, comme ceux qui répètent en ce moment ! (rire) [ndlr : Musyozoku fait ses balances pendant la conférence…]

Mais je ne comprends pas, de quoi ont-ils peur ? Par exemple, est-ce que c’est parce que les parents sont contre ? L’idéal est de commencer doucement, notamment avec des petites touches. Et après, continuer petit à petit, par exemple des bagues, les ongles. Il ne faut pas s’inquiéter du regard des autres.

Merci à LM.C pour cet échange enrichissant et à B7klan pour avoir organisé cette séance. 

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