Pilier incontournable du Rock japonais arrivé sur la scène en 1997, MUCC est l’un des caméléons les plus fascinants du genre. Révélé par un son lourd, sombre et viscéral oscillant entre Nu-metal et mélancolie plutôt tradi-japonaise, le groupe n’a cessé de métamorphoser son style au fil des décennies et de leurs opus, sans jamais perdre sa hargne brute. Leur dernier album 1997, sorti l’année dernière, dresse déjà un bilan de leur presque 3 décennies de carrière. L’occasion pour nous d’aborder autant au cours de cette conférence leur presque 30 bougies ainsi que leurs secrets de longévité, mais aussi leur conception de la musique et des évolutions musicales qu’ils ont pu traverser.

La première fois que vous avez joué en France c’était en 2006, il y a donc plus de 20 ans. Quel regard portez-vous sur la France et la musique actuellement ?
La première fois que nous sommes venus en France, il y avait un intérêt fort pour le Visual Kei à cette époque. Cela a été une surprise très agréable, c’était à la fois excitant et intéressant, nous étions dans un pic qui est ensuite un peu passé. Il y a aujourd’hui un nouveau regain d’intérêt pour le genre, même si c’est différent de cette époque, mais nous sommes contents d’avoir perduré pour revenir maintenant et de revivre l’expérience.
Sur le single Never Evergreen, vous avez chacun écrit une chanson. Est-ce que cela reflète votre façon à chacun de voir le groupe ? Avez-vous été surpris par ce que chacun a pu apporter de sa personnalité de cette façon ?
D’habitude nous décidons d’un thème avant de commencer à écrire. C’est la première fois que nous laissons cette liberté de création selon nos passions et où chacun fait un peu comme il veut. C’est vraiment intéressant de découvrir l’image que l’on a chacun et la façon dont chacun peut s’exprimer donc cela a été une vraie découverte les uns des autres.
Vous avez chacun des carrières solo ou d’autres groupes à côté de MUCC. Quel impact cela a-t-il sur votre formation ?
Yukke : Je n’ai pas de formation à côté alors c’est dur pour moi de répondre.
Miya : Dans MUCC, il faut faire avec l’avis des autres et s’adapter. Lorsque je travaille en solo, je dois répondre à mes propres attentes et me découvrir moi-même, c’est plutôt stimulant d’un point de vue composition. Dans MUCC, nous devons nous accorder sur nos idées car il n’y a pas de leader, ce qui peut générer des conflits mais c’est aussi ce qui est intéressant, chacun vient apporter quelque chose. C’est excitant car j’apprends plus de choses.
Au cours des années, vous avez changé plusieurs fois de style visuel et musical. Pensez-vous encore en changer ou avez-vous trouvé un style que vous voulez désormais garder ?
Au travers de nos carrières et nos vies, nous exprimons et chantons des choses différentes, ce qui permet de régler le concept visuel et stylistique autour de ce que l’on cherche à exprimer. On ne s’interdit pas de procéder à d’autres changements à l’avenir s’il y a de nouvelles phases, mais il n’y a rien de décidé à l’avance.
Les 30 ans du groupe arrivent bientôt, est-ce un cap pour vous ? Y accordez-vous une symbolique particulière ?
Miya : A vrai dire, je suis même surpris d’avoir duré aussi longtemps ! Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir une aussi longue carrière. J’espère pouvoir continuer à avancer de manière amusante dans notre projet commun.
Tatsuro : J’espère que cela va continuer car c’est une partie intégrante de ma vie, tout tourne autour de MUCC. Mais il ne faut pas que cela devienne du stress, les choses doivent se faire naturellement. Les choses avancent d’elles-mêmes, il n’y a pas de but précis, du moment que tout se passe bien.
Cela fait longtemps que vous n’êtes pas venus en France, vous venez pour un gros festival avec plein d’autres groupes japonais. Si vous en aviez l’opportunité, y aurait-il des artistes non japonais avec lesquels vous souhaiteriez collaborer ?
Miya : System Of A Down ! [ndlr : il est allé les voir 2 jours avant le festival en Allemagne.]
Tatsuro : Horror aussi.
Yukke : Story of the Year, c’est un groupe américain avec lequel nous avions eu l’occasion de tourner.
En dehors de l’album actuellement en cours de préparation, prévoyez vous choses pour fêter les 30 ans l’année prochaine ?
Nous prévoyons un gros événement pour cela !…
Il y a des titres que vous jouez depuis longtemps, est-ce qu’ils ont toujours la même signification qu’au début ou est-ce que cela a évolué avec le temps ?
Il y a vraiment des deux. Rien ne change pour certaines, mais ce sera le cas pour d’autres chansons. Cela dépend aussi si cela a été écrit par quelqu’un d’autre ou non. Il y a un rapport totalement différent pour certains titres avec notre vécu pour celles qui ont pu être écrites personnellement.
Vous avez joué en Allemagne et au Royaume-Uni avant ce week-end. Est-ce que des choses ont changé dans les concerts en Europe ?
Rien n’a vraiment changé, nous étions contents de voir que tout le monde était heureux. Il y a toujours la même énergie qu’auparavant.
Pourquoi votre mascotte représente-t-elle un éléphant rouge ?
Au Japon, il y a une très vieille chaîne de restaurants que l’on adore et qui s’appelle DomDomHamburger, représenté par un éléphant rouge. Depuis 20 ans, il y en a de moins en moins. A notre retour d’une longue absence après une tournée nous avons posté un tweet à ce propos, ils nous ont alors proposé une collaboration !
Avec votre dernier album 1997, vous voulez faire passer un message un peu transgressif aux jeunes. Comment est-ce qu’on fait passer ce message sans que cela sonne old school comme d’autre groupe -comme Buck-Tick- ont pu le faire à leur époque ?
Au travers du temps, la façon d’exprimer et de ressentir les sentiments de liberté, de peur, etc…change. Nous voulons continuer d’exprimer toutes ces émotions avec un mélange de tout cela. Certaines façons d’exprimer des idées vont changer, pour d’autres ce sera toujours les mêmes, du moment que ce soit toujours en phase avec la période à laquelle nous les exprimons. C’est lié à l’évolution des choses, même s’il y a toujours une constance dans les thèmes, il faut s’adapter à son temps.
Merci à MUCC et au B7Klan de nous avoir permis de participer à cette conférence !





