Dernière journée sur la grande scène de Pause Guitare. Mais aussi la première à afficher complet depuis plusieurs mois. Luiza, Helena, Gims et Magic System auront la lourde tâche de clôturer cette 30e édition. Dire que Gims était attendu dans la région serait un doux euphémisme.
Mais pour l’heure, c’est Luiza qui a la charge de rassembler le public sous une chaleur redevenue particulièrement intense.

LUIZA
Artiste émergente ayant déjà sorti deux albums, Luiza a récemment changé de dimension grâce à sa collaboration avec Bleu Soleil. Difficile d’être passé à côté de ce titre, omniprésent sur les ondes.
Développant une Pop douce, baignée de sonorités puisées dans ses racines brésiliennes, la chanteuse déroule son set avec une joie et une bonne humeur communicatives qui séduisent rapidement le public.

Une grande partie de l’audience ne connaît pas encore vraiment son répertoire, à l’exception évidente de Soleil Bleu. Les premières notes suffisent d’ailleurs à déclencher une véritable explosion dans la foule, qui reprend à pleins poumons ce refrain devenu l’un des symboles de l’été 2026.
Mais la jeune Rennaise ne se cache pas derrière ce seul succès.

Elle prend le temps de présenter ses morceaux et d’expliquer les intentions qui se dissimulent derrière chacun d’eux. Sur Oxalá, elle développe notamment un discours écologique qui, en cette période de chaleur écrasante, résonne avec une intensité toute particulière.

Sûre de ses forces, Luiza impose une Pop solaire, légère et accessible, qui s’écoute avec la même douceur que celle qu’elle semble vouloir transmettre. Ses musiciens ne sont pas en reste, arpentant constamment la scène d’un côté à l’autre, loin de ces formations parfois figées derrière leur instrument.
Véritable fête colorée invitant au lâcher-prise, le concert déroule Vida Loca, Demain demain et d’autres morceaux aux accents lumineux, avant de se conclure avec Chica. Pour l’occasion, plusieurs festivaliers sont invités à rejoindre la scène afin de danser et chanter à ses côtés.

Généreuse et solaire, Luiza aura ouvert cette dernière journée avec une bonne humeur contagieuse, faisant presque oublier au public la chaleur écrasante qui s’abat sur Pratgraussals.

HELENA
Véritable usine à fabriquer les talents de demain, la Star Academy a, depuis son grand retour, notamment révélé une jeune artiste venue de Belgique : Helena.

Finaliste de son édition face à Pierre Garnier, elle n’aura pas longtemps pleuré sur son sort. Depuis, elle a pris d’assaut la Pop française avec Hélé, son premier album.
Ce soir, elle se présente face à un public largement acquis à sa cause, composé notamment de nombreuses familles et de jeunes spectateurs.

C’est à travers une introduction très cartoon et colorée que la chanteuse fait monter la pression avant de lancer le mélancolique Tout a changé.
Et question mise en scène, Helena ne fait pas les choses à moitié.
Le spectacle joue énormément sur la multiplication des supports vidéo. Entre images issues de ses clips et présence constante des opérateurs caméra sur scène, tout est fait pour maintenir l’artiste au centre de l’attention.

Au détriment, parfois, de la prestation elle-même ?
Ils sont de plus en plus de productions à fonctionner ainsi. L’idée est évidemment de proposer de belles images aux spectateurs situés loin de la scène grâce aux écrans géants. Mais depuis la fosse, le revers de la médaille est parfois plus frustrant : il faut régulièrement composer avec la présence d’un vidéaste évoluant devant l’artiste.
Un parti pris très actuel, mais qui peut finir par parasiter légèrement l’expérience du concert lorsqu’il devient trop envahissant.

Pour revenir à la prestation elle-même, Helena veille à présenter presque chaque chanson comme un véritable tableau.
Mélatonine en est sans doute le meilleur exemple. Des danseurs virevoltent avec des oreillers afin de créer une séquence aussi onirique qu’hypnotique. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à eux que le spectacle gagne en densité visuelle, et Helena ne manquera pas de leur rendre hommage lors d’une extended version de Piscine.
Mais c’est évidemment sur Mauvais garçon, son tube connu de tous, que la réaction du public sera la plus spectaculaire. Le morceau frappe fort et déclenche l’une des plus grosses clameurs de son set.
Elle reproduira ensuite la même logique sur Gentil garçon, cette fois en mettant à l’honneur ses musiciens, avant de conclure avec Pied sur terre, morceau qui résume parfaitement l’état d’esprit qu’elle souhaite transmettre.

En treize titres, Helena aura fait l’étalage de ses principales forces. Sa Pop douce et mélancolique aura constitué une véritable respiration avant d’attaquer le gros morceau de cette soirée.
Et à en juger par les nombreux sourires présents dans le public, une chose est certaine : Helena aura fait chavirer quelques cœurs ce soir.

GIMS
On reconnaît parfois une star à sa capacité à se faire désirer.
L’adage prend tout son sens lorsqu’on parle de Gims. La superstar française du Rap et de la Pop urbaine aura fait patienter le public une trentaine de minutes supplémentaires avant d’investir enfin la scène.

Mais lorsque le concert débute, une chose frappe immédiatement : le minimalisme de la scénographie.
Et c’est justement ce dispositif épuré qui permet de mesurer la force de frappe de l’artiste.
Un DJ installé au fond de la scène lance les morceaux. Gims, lui, s’occupe du reste.
On ne compte plus le nombre de tubes que le chanteur a accumulés au cours de sa carrière, que ce soit au sein de Sexion d’Assaut ou en solo. Une chose est sûre : l’aura est là.
Chaque titre est repris par le public avec une ferveur impressionnante. Si le concert a mis du temps à démarrer, la machine à hits, elle, ne tarde pas à trouver son rythme.

Bella, Ninao, Sapés comme jamais… Les morceaux s’enchaînent à une cadence infernale.
Que l’on adhère ou non à sa musique, impossible de nier l’évidence : Gims sait tenir une scène. Vocalement, l’homme possède également une puissance assez folle, comme le démontre parfaitement le titre Changer.
Sur certains morceaux, une troupe de danseuses vient renforcer le dispositif, notamment sur Appelle ta copine, histoire d’apporter un peu plus de mouvement à une mise en scène volontairement minimaliste.
Mais si l’on devait résumer Gims en quelques mots, ce serait sans doute ainsi : la force tranquille.
Il n’a pas besoin d’en faire trop.

Le public l’a parfaitement compris en remplissant cette soirée plusieurs mois à l’avance. Peu importe l’endroit où l’on se trouve sur le site, tout le monde finit par se laisser aller à quelques pas de danse.
L’impact est immense.
Gims affole les compteurs et démontre sous nos yeux pourquoi il occupe aujourd’hui une place aussi imposante dans le paysage musical français.

C’est finalement avec Parisienne puis Ciel que le concert s’achève, laissant derrière lui un public euphorique, presque sans voix après avoir passé l’intégralité du set à chanter à gorge déployée.
Une véritable démonstration de puissance populaire.

MAGIC SYSTEM
Il est maintenant temps de souffler comme il se doit les trente bougies du festival.

Un moment symbolique qui sera également l’occasion d’assister à un passage de flambeau officiel entre Alain Navarro et la future direction de Pause Guitare.
Pour célébrer l’événement, l’organisation a vu les choses en grand.
Profitant notamment de la présence d’une grue à proximité du site, une immense boule à facettes est suspendue au-dessus du public, illuminant Pratgraussals de milliers d’éclats.
Sur scène, les discours se succèdent. Les sourires aussi. Et parfois les larmes.

Alain Navarro apparaît forcément ému de voir que ce rêve né trente ans plus tôt a résisté au passage du temps, porté par une équipe dont certains membres participent depuis des années à l’identité même de Pause Guitare.
Cette fois, la passation est officielle.
Un immense gâteau d’anniversaire vient sceller symboliquement le passage de témoin.

Mais pendant que tout ce petit monde célèbre cette page qui se tourne, les roadies, eux, n’ont pas perdu une seconde. Dans l’ombre, tout est déjà prêt pour l’ultime concert de cette 30e édition.
Place à Magic System.

À peine les discours terminés, les ambassadeurs du zouglou déboulent sur scène avec une seule mission : faire danser une dernière fois le public de Pratgraussals.
Et le contrat sera largement rempli.
Les quatre chanteurs et leurs quatre musiciens comptent bien faire « bouger bouger » l’audience à grands coups de coupé-décalé et de refrains irrésistibles.
Chaque morceau transmet la même énergie positive. Et en live, cette sensation est encore décuplée.

Huit artistes sur scène, cela pourrait rapidement devenir confus. Pourtant, l’impression de partage est immédiate. Tout le monde participe, tout le monde répond aux sollicitations, et chacun affiche un immense sourire.
Le public voyage sans billet d’avion ni visa.
Zouglou Dance, Magic in the Air, Chérie Coco… Autant d’hymnes au lâcher-prise qui transforment peu à peu Pratgraussals en immense fête collective.
La communion devient même totale lorsqu’une gigantesque chenille se forme au milieu du public.

Difficile d’imaginer meilleure façon de refermer cette édition anniversaire.
C’est donc sur cette folie collective que s’achève la 30e édition de Pause Guitare.
Une édition faite de réussites, de découvertes, de rencontres et de promesses pour l’avenir.
Le festival vient de souffler ses trente bougies.
Et quelque chose nous dit que la guitare n’est pas près d’être mise sur pause.
Rendez-vous dans trente ans ?

Un immense merci à Pia de Bleu Citron pour l’accréditation, ainsi qu’à tous les bénévoles, partenaires, techniciens et acteurs de l’ombre qui auront permis à chacun de vivre cette édition dans les meilleures conditions.

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