À l’occasion du passage de The Lanskies au Festival Beauregard, nous avons rencontré Lewis Evans pour échanger avec lui sur le grand retour du groupe, onze ans après leur séparation.

Dans cette interview, le chanteur revient sur les raisons qui ont motivé les retrouvailles du groupe, la création de leur nouvel album War Machine, leur court métrage ainsi que ses souvenirs au festival Beauregard. Il évoque également les prochaines dates du groupe, notamment leur concert à La Maroquinerie le 22 septembre 2026.

Après ces quelques années d’absence, comment ça va ?

Lewis Evans : Moi, ça me fait plaisir de rejouer à ce festival, car c’est le premier qui lance la saison des festivals. On a déjà huit concerts dans les pattes après onze ans d’absence. J’ai fait beaucoup de sport pour revenir en forme.

Depuis qu’on a arrêté en 2014, je me suis lancé en solo sous mon nom, Lewis Evans, et c’était beaucoup plus calme, plus Folk. Donc j’ai pris du poids entre-temps ! Pendant six mois, j’ai fait du footing et du CrossFit pour me remettre en forme.

Je suis très content parce qu’aujourd’hui, j’ai fait un slam dans le public et je ne pensais pas que les gens pourraient me porter. Ça me fait très plaisir ! (rires)

Qu’est-ce qui a décidé ce retour ?

Il y a plusieurs raisons. La première, c’est que notre guitariste, Marc, est décédé en 2022. On s’est tous retrouvés à son enterrement.

Florian, notre guitariste, dont j’étais proche… On ne s’était pas parlé pendant longtemps et, à l’enterrement, on a reparlé comme si le temps ne s’était pas arrêté. Maintenant, on s’appelle tout le temps, c’est mon meilleur ami !

On est vraiment un groupe d’adolescents. Il y a un côté bromance, amitié totale. Finalement, on s’est relancés grâce à Marc et grâce à ces retrouvailles.

Peux-tu nous parler de votre nouvel album, War Machine ?

Pendant des années, j’ai écrit à Florian pour relancer The Lanskies, mais il ne voulait pas. Il y avait un côté un peu « guéguerre » parce que j’avais quitté le groupe.

J’ai écrit pour Juliette Armanet, Gaëtan Roussel… J’étais dans la scène Variétés. Ce n’était pas du tout du Rock’n’roll, mais je l’avais fait un peu exprès, de manière un peu Punk. Je voulais aller dans la Variété française, que je ne connaissais pas du tout ! À un moment, il m’a répondu et il a dit oui.

Quand on s’est retrouvés, j’ai monté un groupe, parce qu’il y avait des musiciens qui étaient partis. Il fallait retrouver un batteur, un guitariste et un bassiste. J’ai fait comme Tarantino ! J’ai regardé tous les groupes autour de moi. J’ai vu un groupe qui s’appelle Head Chargers, avec un batteur hyper dynamique. Je lui ai dit : « Je m’en fiche de ton jeu, esthétiquement, je te veux ! ». Il y avait Anthony Cox, un Anglais. Je me suis dit : « Je veux un Anglais dans le groupe ! » Et Alex Paul, qui est un guitar hero. J’ai combiné tout le monde dans un groupe !

Ce qui était chaud, c’est que je me suis donné six mois pour maquetter l’album. J’ai appelé le studio de La Chouette, celui de Tryo. La seule raison pour laquelle je l’ai pris, c’est parce qu’il y avait une piscine ! (rires) Et Tryo, ils sont très cool ! On a fait toutes les maquettes, mais il manquait les voix. Je n’avais pas bossé parce que j’avais énormément de boulot. J’ai fait toutes les voix de l’album en une journée ! Énorme ! En one shot !

Il y a un côté adolescent parce que je ne pensais pas que j’étais capable de le faire, mais ça donne aussi un côté absurde aux paroles. J’ai écrit toutes les paroles la semaine où on était en studio. Ils faisaient la musique, j’arrivais, je chantais en une prise et voilà. C’est comme ça que je vis ce projet des Lanskies. Il faut aller vite, il faut être dans l’action, dans l’envie de produire, et moi, j’aime ça.

Vous avez sorti un court métrage il y a quelques semaines ?

Le court métrage, je l’ai écrit avec Jonathan Perrut, un réalisateur et ami qui vient de Granville, comme moi. On l’a écrit avant de faire la musique. On a fait trois clips imbriqués et on s’est dit : « Allez, ça va coller sur la musique. » Et ça l’a fait ! On a écrit ça au carnaval de Granville, tous les deux, pendant trois jours. D’ailleurs, la pieuvre que tu vois dans Strawberry Lane, les figurants… Ils sont tous issus du carnaval !

Quel effet ça fait de revenir pour la troisième fois au festival Beauregard ?

C’est le stress ! J’étais stressé parce que j’avais peur d’être vieux. J’avais peur de monter sur scène et de ne pas être capable. J’ai regardé les vidéos d’avant. J’avais fait un énorme Beauregard en 2012. Mon dernier slam dans le public, c’était en 2012. Et je me disais : « Est-ce que je peux le refaire ? » Dans ma tête, je me vois énorme ! (rires). J’ai quand même l’impression d’avoir fait mieux qu’en 2012. Le public était top. Ça fait 25 ans que j’ouvre les festivals et j’aime bien ça ! Beauregard, j’y ai joué en 2009, 2012 et cette année.

Quand j’étais très jeune, en 2010, je suis rentré gratuitement. Je suis monté sur des barrières, j’ai déchiré mon jean, je me suis fait une entorse en tombant sur un truc et je me suis retrouvé coincé toute la soirée entre deux barrières, blessé et par terre pendant cinq heures. Ça ne valait pas le coup ! (rires)

C’est un festival qui me tient à cœur. Paul Langeois, le directeur, nous soutient. On est soutenus par le BBC, il soutient ma carrière, mes folies, ce genre de choses. Je suis très content de jouer pour ce festival, où l’équipe fait un énorme travail.

Lewis Evans sur la scène du Festival Beauregard

Est-ce que le concert de la Maroquinerie en septembre annonce une tournée ?

La Maroquinerie, c’est une grosse date qu’on travaille à fond. Mais The Lanskies, ça n’a jamais été un groupe très français. On a joué aux États-Unis, en Allemagne, en Chine… Là, pour 2027, on organise une tournée qui va passer par le Japon, le Canada et les États-Unis.

Pourquoi « Harry Kane » ?

Parce que j’adore l’équipe de foot anglaise ! Je suis à fond dedans avec ma fille. On a vécu des trucs fous avec la coupe du monde. On regarde tous les matchs de l’Angleterre. Ma fille fait du foot. Moi, je suis rugbyman, donc je m’en fiche un peu du foot, mais je le vis à travers ma fille. Pendant qu’elle était à fond dans le foot, j’ai écrit cette chanson sur Harry Kane. Je l’ai envoyée un peu partout et ça commence à marcher. Son frère nous a envoyé un message en disant qu’il adorait !

Nous remercions Lewis Evans pour son temps ainsi que le Festival Beauregard et l’agence Suzette pour leur accueil.

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