CTRL+F : Toulouse appuie sur « Recherche » pour dénicher ses futures pépites.

Né de la collaboration entre le Bikini, salle historique de l’agglomération toulousaine, et Bleu Citron, tourneur et producteur incontournable du Sud-Ouest, le CTRL+F débarque en lieu et place du Weekend des Curiosités. Un petit remaniement qui ne change finalement pas grand-chose à l’ADN de l’événement : faire découvrir au plus grand nombre les artistes qui feront peut-être demain les grandes scènes françaises.

Il fait beau, il fait chaud, c’est le temps idéal pour aller découvrir cette nouvelle formule. MeloLIVE t’emmène sur place pour faire un petit tour du propriétaire.
S’il y a bien une enceinte connue de tout Toulousain un tant soit peu fêtard, c’est le Bikini. Sous ce nom étrange se cache pourtant l’une des meilleures salles européennes en matière de son. Pour l’occasion, le parking a été amputé de moitié afin d’accueillir une scène extérieure : la CTRL+F Stage.
Passons le parvis d’accueil, où food trucks et guinguettes scintilleront jusqu’au bout de la nuit. Sur le patio intérieur, la célèbre piscine a été recouverte d’un dôme transparent qui accueillera les sets électro. Les aficionados se retrouveront ainsi devant l’Alt+Stage pour profiter des grosses basses jusque tard dans la nuit.

Et bien sûr, impossible d’oublier la scène principale du Bikini, théâtre de nombreux concerts tout au long du week-end. En somme, c’est un véritable « village Bikini » qui s’est construit autour de la salle. L’endroit est agréable, servi par une multitude de bénévoles et plusieurs stands de prévention pour que la fête se déroule sans accroc.

BLUE JAY
Après un passage remarqué au Rose Festival, porte-étendard musical de Toulouse, Blue Jay commence doucement à faire son nid dans le paysage musical. C’est donc sans surprise qu’on la retrouve à l’affiche du CTRL+F.
Ouvrir la première scène d’un festival n’est jamais une tâche facile. Pourtant, malgré l’heure précoce, le public répond présent.
C’est sans pression et avec une certaine assurance que Blue Jay lance son set. Enchaînant plusieurs titres qui trouvent rapidement leur public, comme Bossa Trauma ou Chameleon, elle se permet même un moment plus intime en interprétant un morceau sans son DJ, dans lequel elle se livre énormément. Particularité : ce titre ne sortira jamais sur les plateformes.
Une belle preuve de confiance envers son public, qui le lui rend bien, notamment lors d’Old Fashion, sorti le jour même et porté par un featuring prestigieux : Akhenaton. Même si absent physiquement, la simple voix du membre d’IAM suffit à faire exploser l’ambiance.


Au terme de 45 minutes de set, Blue Jay quitte la scène sous de copieux applaudissements et lance de la plus belle des manières cette première édition du CTRL+F.

PRINCESS OG
Pas le temps de souffler : la scène principale du Bikini s’apprête à accueillir Princess OG.
Et l’entrée en scène ne sera pas conventionnelle. Les deux chanteuses surgissent du pit photo et demandent à la sécurité de les faire monter sur scène. Un début de concert audacieux qui annonce immédiatement la couleur.
Entre Pop, Hip-Hop et Rap, le duo cultive une identité singulière. Shockwife et ses accents féministes mettent le feu à l’audience, tandis qu’Émile Masclanis vient apporter sa guitare sur Keskispass.

Une artiste prometteuse qui n’hésite pas à tordre les codes et à insuffler un grain de folie dans sa prestation. Des ingrédients qui la mèneront probablement vers des scènes encore plus importantes.

ÈVE
Retour sur la scène extérieure avec cette fois une affluence plus conséquente pour découvrir la pop mélancolique d’Ève.
Le chanteur a commencé sa carrière il y a deux ans et s’est peu à peu installé dans un paysage indie en perpétuel renouvellement. Après un passage à la Maroquinerie en juin dernier, il revient jouer à domicile.
Le setup est minimaliste. L’artiste se dévoile à travers des morceaux intimistes, souvent les deux mains agrippées au micro, comme pour se protéger des confessions qu’il s’apprête à livrer.
Zoé, Balivernes, Tout va bien : autant de titres qui font mouche auprès d’un public déjà conquis. Les paroles sont reprises en chœur, notamment sur Foulard rouge.
Ève n’hésite pas à replonger dans ses débuts avec Marié, l’un des morceaux fondateurs de sa discographie.


Après quarante minutes de set parfaitement maîtrisées, Ève a plongé le CTRL+F dans une ambiance douce, amoureuse et mélancolique. Une parenthèse suspendue.

SAM SAUVAGE
Le calme avant la tempête.
La scène du Bikini se pare d’une scénographie qui sent bon le light show énervé. Il est temps pour Sam Sauvage de fouler les planches.
Après un passage remarqué au Rex, il revient avec l’envie d’en découdre face à un Bikini plein comme un œuf.
Costume-cravate impeccable, gestuelle désarticulée et énergie débordante : Sam Sauvage impose immédiatement son personnage. Les musiciens ne sont jamais relégués au second plan ; les interactions sont nombreuses et l’on a véritablement affaire à un groupe, pas à un chanteur entouré d’accompagnateurs.
Il interprète également Le Chant des sirènes — pas celui d’Orelsan — un titre encore inédit mais déjà bien connu des habitués du live.
L’ambiance est électrique. Le chanteur alterne entre morceaux abrasifs et instants plus introspectifs, comme Boulogne, évocation lancinante de ses racines.
Puis la machine repart de plus belle avec Je ne t’aime plus et Avis de tempête, avant qu’Un cri dans le métro ne vienne enrichir la dramaturgie du personnage.

Le final, en forme de « fin du monde » euphorique, emporte tout sur son passage.
Les sourires sont partout, dans le public comme sur scène. Sam Sauvage reviendra l’an prochain au Bikini pour une date complète. Fort à parier qu’elle affichera rapidement complet.

ROMSII
Après l’intensité du set de Sam Sauvage, difficile de partir avant la fin. Résultat : j’arrive en retard sur celui de Romsii, alors que les concerts commencent à se chevaucher.

L’annonce de leur venue avait fait beaucoup de bruit sur les réseaux. Leur direction artistique mystérieuse intrigue et alimente les discussions.
C’est donc sous une immense mascotte gonflable et lumineuse que le duo évolue. Le public reprend déjà les paroles à pleins poumons sur Chanel ou Nototune.

Le mélange de Rap et de Pop trash fonctionne à merveille et fait mouche en cette chaude soirée toulousaine.

ZÉLIE
Impossible de rester jusqu’au bout : il faut filer voir Zélie. Le nom fait énormément parler et elle fait presque figure de tête d’affiche en ce premier jour du CTRL+F.
La scène est divisée en deux : une petite estrade accueille les musiciens tandis que les trois quarts de l’espace restent volontairement libres. On comprend rapidement pourquoi.
Zélie verse dans le théâtral.
Dès l’introduction rougeoyante, elle insuffle une dimension chorégraphique à son spectacle. Puisant autant dans la danse contemporaine que dans le Hip-Hop, elle donne à ses chansons une puissance supplémentaire.
Mais si la danse occupe une place importante, il ne faut pas oublier ses textes. Engagés, parfois rageurs, ils frappent juste.
Ce corps ou Je suis une femme en sont les parfaits exemples. Sur ce dernier morceau, le final est repris a cappella par toute la salle, sans que la chanteuse n’ait besoin d’intervenir.
Une communion qui en dit long.

Elle conclut son set avec Je ne serai jamais, repris à l’unisson par le public.
Grâce à des textes forts et un soin particulier apporté à la mise en scène, Zélie a fait forte impression. Sa date à la Cabane en octobre n’est probablement qu’une étape avant de la retrouver dans des salles plus grandes.

Son art mérite d’être entendu par le plus grand nombre.

KEMMLER
La soirée bat son plein et, après les cris du cœur de Zélie, place à Kemmler.
Le rappeur marseillais, ancien membre du duo Renega, a un goût prononcé pour les mots et les ambiances. C’est donc avec enthousiasme que le public du Bikini l’accueille.
L’homme, posé, impose immédiatement un charisme naturel et dévoile ses émotions à travers ses textes, comme sur Au singulier ou Je parle de toi, issus de l’album Alain, hommage poignant à son père disparu trop tôt.
Mais Kemmler sait trouver le juste équilibre dans son set. Il alterne moments d’émotion et instants de communion avec le public, à l’image de Besoin de, agrémenté d’un insert de Confessions nocturnes qui amuse et fait chanter toute l’assistance.


Kemmler aura apporté sa dose de sensibilité, celle qui fait du bien au milieu d’une soirée riche en découvertes. Le CTRL+F a ainsi réussi, pour cette première journée, à équilibrer les émotions et les styles sans jamais perdre son fil conducteur : mettre en lumière des artistes qui ne demandent qu’à éclore ou à franchir un nouveau cap.

Que de pépites croisées au fil de cette première soirée. Merci CTRL+F pour ces découvertes, et rendez-vous très vite pour le deuxième jour.

JOUR 1

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