Violoniste virtuose et showman insaisissable, Ara Malikian a de nouveau embrasé Le Grand Rex le 17 mars 2026, transformant la salle parisienne en véritable tourbillon sonore, dans le cadre de sa tournée Intruso.

Un an après un premier passage déjà marquant, le musicien d’origine arménienne revient avec une intensité presque météorologique. Dès les premières notes, le ton est donné : le concert sera une tempête. Une déferlante d’énergie qui emporte tout sur son passage, public compris.

Toujours accompagné de ses fidèles musiciens, Ara Malikian entraîne la salle dans un tourbillon musical où les styles s’entrechoquent et se fondent. Classique, musiques orientales, Latines et Rock se fondent dans une matière en fusion, écho de son parcours entre le Liban, l’Europe et l’Espagne, où ses compositions répondent à des reprises sans cesse réinventées.

Sur scène, le violoniste est plus que jamais en mouvement. Il traverse l’espace comme un souffle incontrôlable : il court, bondit, s’agenouille, joue au sol, comme emporté par sa propre musique.

Si la setlist reste globalement fidèle à celle de la précédente venue, l’interprétation s’est densifiée, gagnant en puissance et en contrastes. Parmi les moments marquants, une version vertigineuse du Caprice n°24 de Niccolò Paganini, exécutée avec une précision fulgurante, rappelle à quel point Malikian reste un technicien hors pair.

Les hommages à Astor Piazzolla et Paco de Lucía prolongent ce dialogue entre les cultures, entre lyrisme et tension rythmique. À cette traversée musicale s’ajoute une reprise de haute volée de La Bohème de Charles Aznavour, où le violon se substitue à la voix avec une expressivité poignante, rendant un hommage vibrant à la chanson française.

Mais le sommet de cette décharge d’énergie survient sans doute avec une version incendiaire de Foxy Lady de Jimi Hendrix : archet fougueux, attaques tranchantes et pulsation résolument Rock — le Grand Rex bascule alors dans une transe collective.

Et puis, après la tempête, le calme.

Comme pour mieux déjouer toute attente, Ara Malikian conclut son concert par une berceuse d’une douceur désarmante. Descendu dans la salle, au plus près du public, il joue au milieu des spectateurs, faisant naître un moment suspendu, presque intime. Le tumulte s’efface, laissant place à une émotion simple et universelle.

Ce contraste saisissant, entre déchaînement et apaisement, résume à lui seul l’expérience Malikian : un artiste capable de soulever une tempête…avant d’en apaiser chaque écho.

Entre émotion, humour et virtuosité, ce nouveau passage parisien confirme qu’un concert d’Ara Malikian ne se répète jamais vraiment. Il se réinvente, encore et toujours, dans un équilibre unique entre maîtrise et liberté. Un moment rare, porté par un artiste qui continue, année après année, à redéfinir les contours de son instrument.

Merci à Quartier Libre Production ainsi qu’au Grand Rex !

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