Seize ans après un silence qui semblait définitif, D’espairsRay, figure emblématique du Visual Kei, signe enfin son grand retour sur scène. Un retour qui se veut prometteur pour l’avenir, puisqu’accompagné par un nouveau single, Rapture, sorti à peine plus tôt cette année. Seconde tête d’affiche pour le second jour du J-Rock Fest, c’est l’occasion de venir à leur rencontre au cours d’une conférence de presse afin d’échanger sur cette renaissance, leur vision actuelle de la musique, de leur public et de leurs influences, mais également sur leur projet d’avenir, notamment suite à l’annonce d’une grosse tournée à venir en Europe qui passera par chez nous.

Après tant d’années, qu’est ce vous a convaincu de remonter sur scène ?

HIZUMI : Le timing a été important. On nous a demandé de jouer au Cross Road fest qui a eu lieu le 15 novembre dernier. Dans le même temps, je venais de sortir Awakening avec mon autre groupe Nul.. Il faut le considérer comme une sorte de palier qu’il fallait que j’atteigne avant de m’estimer prêt à relancer D’esparsRay.

16 ans après, est-ce qu’il y a eu de nouvelles sensations ou c’était comme si rien n’avait changé ?

KARYU :Tout s’est fait très naturellement, sans différence, comme si de rien n’était. Nous avons également été vraiment touchés par la réception des fans qui nous ont attendus toutes ces années et en grand nombre.

Comment s’est passé le retour aux phases de composition et de répétition, notamment pour l’arrivée de Rapture ? Est-ce que les habitudes sont revenues facilement ?

ZERO : Il faut se rappeler que Hizumi a eu un problème de voix et que c’était la raison principale de l’arrêt du groupe à l’époque. Du coup, cela est aujourd’hui pris en compte du côté de Karyu pour la composition tout en profitant de son expérience acquise depuis. L’idée reste de continuer à faire du D’espairsRay.

Kairyu (Guitare) > Hizumi (Chant) > Zero (Basse) > Tsukasa (Batterie)

Vous jouez ce soir devant une grande salle et en plus pour votre retour en Europe. Que ressentez-vous ?

HIZUMI : Nous sommes extrêmement ravis d’être là. Encore une fois, c’est un honneur de voir que les fans nous ont attendus toutes ces années et nous sommes vraiment impatient d’être sur scène

Après vous être arrêtés tant de temps et notamment ne plus être venus jouer en France, quelle est votre perception du Visual Kei d’aujourd’hui, entre le Japon et la France. Avez-vous eu besoin de vous adapter d’une manière ou d’une autre pour l’occasion ?

KARYU : Nous ne souhaitons pas approcher différemment le Visual Kei en France par rapport au Japon. Cependant, nous avons tous évolué individuellement au cours de ces dernières années et c’est peut être cette évolution que pourrait ressentir nos fans, en particulier ceux qui nous ont vus à l’époque..

Vous êtes de l’époque où les groupes se faisaient connaître principalement par les concerts. Que pensez-vous de l’industrie de la musique aujourd’hui, dominée par les réseaux sociaux et le streaming ?

HIZUMI : C’est devenu plus simple de créer sa propre musique et de s’ouvrir au monde. A l’époque, sans grand label c’était difficile d’être mis en avant et de percer. Maintenant que tout le monde peut faire sa propre promotion, même des talents dormants se font enfin connaître. Un simple DM aujourd’hui remplace le réseau fait uniquement grâce au bouche à oreille à l’époque. Donc envoyez-nous pleins de DM !!! Travaillons ensemble !!!

Quelles influences musicales vous tiennent particulièrement à cœur dans la composition et qui pourtant seraient éloignées de l’image que l’on se fait du Visual Kei ?

KARYU : Eminem

HIZUMI : Ozaki Yutaka

ZERO : Massive Attack

TSUKASA : Green Day

Dans la vidéo de Rapture, Vous réveillez Hizumi qui est dans un cercueil. Faut-il y revoir une renaissance de D’espairsRay ou faut-il considérer que c’est un nouveau groupe avec le même nom ? Dans le 2nd cas, qu’est ce qui devait disparaître de l’ancien groupe pour que le nouveau puisse exister ?

HIZUMI : Ce clip a été réalisé par Ken Nikai et c’est tout simplement sa vision de la renaissance du groupe D’espairsRay, d’où la métaphore du cercueil.

Comment se sont composées les paroles de Rapture ? Quelles ont été les sources d’inspiration ?

HIZUMI : J’ai écrit les paroles en essayant de retranscrire nos sentiments à l’idée de remonter à nouveau sur scène tous les quatres, tout en faisant une synthèse entre notre passé, notre présent et notre futur. Nous avons grandi avec énormément de groupes qui nous ont influencés et qui nous ont permis de devenir ceux que nous sommes aujourd’hui. Désormais, nous avons conscience de faire partie, à notre tour, des groupes qui peuvent inspirer d’autres personnes. Pour moi, c’est devenu une véritable mission de transmettre quelque chose à la nouvelle génération, partager tout ce que nous avons reçu à l’époque, cette énergie, ces émotions et ces influences qui nous ont construits.

L’EP de Rapture contient le titre dans sa version complète, puis sans voix, sans guitare, sans basse et enfin sans batterie. Pourquoi ce choix atypique ?

HIZUMI : Avant tout nous voulions faire quelque chose de neuf et la mode aujourd’hui sur les réseaux sociaux c’est de faire des covers. Si des versions sans voix sont monnaie courante aujourd’hui, les versions avec un instrument en moins sont plutôt rares. C’est pourquoi on a décidé de fournir ces versions aux fans pour qu’ils puissent s’éclater à les reprendre.

Malgré cette absence de 16 ans, le clip Rapture a rapidement atteint les 500K de vues. En sachant que le Visual Kei est quand même un peu niche, vous attendiez-vous à un tel engouement ?

HIZUMI : Nous étions les premiers surpris mais cela nous a permis de mesurer par des chiffres l’engouement des fans, que ce soit ceux qui les attendaient comme les nouveaux.

Les dates et lieux de la prochaine tournée ont été officialisés. Est-ce qu’il y en a une que vous attendez particulièrement ?

Ensemble : Paris !

TSUKASA : Chaque lieu est nouveau par rapport à notre dernier passage à l’exception de la salle d’Helsinki et d’une certaine manière nous avons hâte de retrouver ce lieu et de voir ce qu’il s’est passé depuis tant d’années.

Comment approchez vous votre future tournée en 2026, notamment avec ces dates en Europe ?

TSUKASA : L’approche reste sensiblement la même. Nous gardons un excellent souvenir de toutes nos précédentes tournées et comptons encore plus nous éclater sur la prochaine. Nous avons de nombreuses choses à exprimer à nos fans étrangers et ça va être l’occasion pour nous de les retrouver.

Un message pour les français ?

HIZUMI : Nous sommes vraiment heureux de pouvoir jouer en France après tant de temps et comptons vraiment nous éclater ce soir avec tous nos fans Nous reviendrons l’année prochaine à Paris et espérons être encore plus intenses. 

KARYU : En fait, j’ai un rêve, pouvoir jouer où je veux et quand je veux, à travers le globe. Je suis très heureux d’être revenu en France et j’espère y revenir souvent, mais également découvrir de nouvelles destinations. Nous étions en Allemagne il y a quelques jours et aujourd’hui en France. On souhaite pouvoir jouer encore plus souvent pour encore plus de fans.

ZERO : Au cours des seize années qui se sont écoulées depuis la première séparation de D’espairsRay, j’ai entendu dire que la popularité de la scène Visual Kei avait quelque peu décliné. Pourtant, après tout ce temps, l’engouement reste suffisamment fort pour permettre l’organisation d’un événement d’une telle envergure. J’espère sincèrement que vous continuerez à faire vivre cette passion et à dynamiser la scène des groupes japonais en France.

TSUKASA :Je garde un souvenir très vif de l’énergie incroyable de mon premier concert en France. Je souhaite préserver cet enthousiasme et même surpasser l’intensité de l’époque tout en cherchant à faire rayonner à nouveau la scène Visual Kei en Europe.

Merci à B7Klan pour toute cette organisation et à D’espairsRay d’avoir répondu à l’intégralité de nos questions

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