15 ans ? c’est court une fois terminé.
Comme le disait Marot, « Tout vient à point à qui sait attendre ». Nombre de fans de Social Distortion peuvent enfin se féliciter d’avoir eu de telles pensées. Pas moins de 15 ans après, il est temps de faire un bilan de ce quasi demi-siècle d’existence.
Repoussé à de nombreuses reprises, notamment dû à la santé de Mike Ness, à la fois le papa et l’acteur principal de toute cette histoire, Born To Kill est enfin là. Dans son ensemble, ce 8ème album ne cherche pas à inventer de nouvelles choses, il est plutôt à voir comme un hommage à sa propre musique et aux différentes époques de Social Distortion, donc par ricochet de la vie de Mike. En même temps, le mec touche à beaucoup de choses car il est aussi à l’origine, avec l’aide Shepard Fairey, de cette jaquette efficace dans sa sémantique féroce et sombre. Bien évidemment, les paroles sont également à mettre à son actif. Si les thèmes abordés restent des sujets récurrents, le ton s’est assombri et a pris encore un peu plus en maturité avec les années qui s’accumulent.

L’album reste dans l’ADN du groupe. Il pourrait être perçu comme un résumé de la vie de Mike Ness avec des passages très énergiques, voire agressifs, pour évoquer sa jeunesse et son esprit de rébellion ,avant de faire le constat des années passées, de la maturité et de la nostalgie avec des sons plus mélancoliques. Il est aussi une synthèse des différentes époques du groupe. Walk Away et son Rock Country Blues rappellera d’anciens souvenirs aux fans de Prison Bound. Leur album éponyme de 1994 se fait quant à lui bien sentir dans les notes de Partners in Crime ou Don’t Keep Me Hanging On. Les titres les plus mélodiques tels que Tonight et Never Goin’ Back transpirent l’époque Somewhere Between Heaven and Hell. La dureté et l’obscurité de l’ouverture de l’album que présente Born To Kill peuvent facilement être liées à White Light White Heat White Trash qui est l’album référence dans cette même veine. Enfin, même s’il fête déjà ses 15 ans, la modernité et la maturité présentent dans Hard Times and Nursery Rhymes se retrouve bien dans Crazy Dreamer par exemple.
S’il n’est pas question de tournée promotionnelle à proprement parler, ils joueront dans pas moins de 11 festivals sur le vieux continent, dont 2 dates Françaises, le 18/06 au Hellfest (on y sera) et le 02/07 aux Eurockéennes.
Au final, même si la vie a fait que le groupe est plus proche d’un second souffle, Born To Kill n’est pas là pour réinventer le son du groupe. La production plus propre et la voix de Mike, peut être légèrement en retrait, par rapport à des guitares puissantes pourraient déranger légèrement les fans de leur sonorité historique. Cependant, ils sont avant tout nombreux à apprécier que le groupe soit toujours là, en particulier M. Ness.
16/20 : Personnellement plus porté vers des musiques plus extrêmes, je peux tout de même annoncer sans trop de risque que cet album devrait plaire aux fans fidèles du groupe. On retrouve également les recettes efficaces de bon nombre de genre auxquelles ils se sont employés depuis bientôt 50 ans. Il y aura toujours les détracteurs en recherche de nouveauté qui ne louperont pas l’occasion de critiquer le choix de la facilité artistique, mais peut-on ainsi les considérer comme de vrais amoureux d’un groupe précis ?

Tracklisting :
- Born to Kill – 3:51
- No Way Out – 3:49
- The Way Things Were – 4:34
- Tonight – 4:05
- Partners in Crime – 3:51
- Crazy Dreamer (feat. Lucinda Williams) – 3:49
- Wicked Game (Chris Isaak cover) – 5:34
- Walk Away (Don’t Look Back) – 4:14
- Never Goin’ Back Again – 3:46
- Don’t Keep Me Hanging On – 4:12
- Over You – 4:06
Durée totale de l’album : 45:41
Titre pour le fan du « grand » Social Distortion des années 90 : Tonight
Titre prometteur : Born To Kill
Titre ovni : Wicked Game (choix facile car cover, mais non dénué de sens pour les connaisseurs)


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