Une renaissance théâtrale portée par une sincérité retrouvée.

Au placard les fictions passées, il est temps de revenir au Black Veil Brides, le vrai. Plus sombre et honnête, une bien belle pièce de théâtre qui nous embarque dans leur intimité tumultueuse de ces 15 dernières années.

Habitués des univers dystopiques où sont comptés les exploits d’un héros derrière une trame narrative propre à chaque opus, Black Veil Brides nous offrent avec Vindicate la vision la plus honnête de leur histoire (C’est Andy lui-même qui le dit alors …). C’est également le résultat d’un retour aux bonnes vieilles méthodes de création artistique. En effet, plusieurs de leurs précédents opus ont été co-écrits avec des producteurs extérieurs, restreignant par la force des choses la liberté de conception derrière. Conséquence de cette émancipation ? Encore plus de riffs exigeants et de solos endiablés, ainsi que plus de puissance et lourdeur musicale, spécifiquement dans la dualité de guitare et un retour des influences Glam Metal de leurs débuts.

Vindicate pourrait s’apparenter à une pièce de théâtre Gothique Moderne. On peut y entendre de l’orgue ou encore des chœurs, l’orchestration générale pousse elle-même à ce constat. Les paroles faisant référence à des thématiques religieuses et un champ lexical dépeignant des fresques apocalyptiques appuient encore plus cette vision. Enfin, l’esthétique théâtrale très sombre parachève ce sentiment dramaturgique. D’ailleurs, en poussant l’interprétation encore un peu plus loin, 4 actes se distinguent et s’enchaînent au fur et à mesure des titres. En 1er l’invocation d’Invocation to the Muse (ok c’est très terre à terre) à Certainly, porté par des sonorités plus orchestrales comme le Metal Symphonique ou le Gothique. Vient ensuite la confrontation avec les titres Bleeders, Hallelujah, Cut et Alive, matérialisée par un accent plus Metalcore / Post Hardcore. Arrive alors l’acte du purgatoire de…. Purgatory (ça va hein…) à Grace, deux interludes instrumentaux encadrant un ralentissement rythmique et une ambiance plus introspective voir oppressante. Et enfin, la transcendance avec un retour du Metal Sympho massif et harmonieux, comme libérateur en quelque sorte. Ainsi s’achève cette renaissance en ¾ d’heure, pas plus. A noter également que la pertinence musicale permet une interprétation sans même s’attarder au contenu des paroles, qui n’en sont pas moins en reste, dignement soulignées par un chant parfois clair très chantant mais aussi bien plus énervé en cri.

L’œuvre vue dans la globalité de par sa qualité d’écriture permet d’en dépeindre un groupe qui s’inscrit dans une vraie vague de modernité et qui les dirige, malgré une empreinte plus originelle, dans un aboutissement de leur propre genre avec un bon équilibre, pouvant sans conteste convenir à un public aujourd’hui plus large que précédemment.

Côté actu, pas de tour dédié à ce nouvel album pour le moment mais une saison de festivals bien remplie cet été avec notamment un arrêt à Clisson le 21/06 où nous serons d’ailleurs également présents.

17/20 : Vindicate est le résultat de la réconciliation de BVB avec ses meilleures époques. On retrouve les riffs tranchants de We Stitch These Wounds, les refrains massifs de Set The World On Fire et la théâtralité de Wretched and Divine, avec une lourdeur et une maturité encore jamais vues.

Tracklisting :

  • Invocation to the Muse – 2:15
  • Vindicate – 3:01
  • Certainty – 3:28
  • Bleeders – 4:34
  • Hallelujah – 4:13
  • Cut (feat. Lilith Czar) – 4:00
  • Alive – 3:19
  • Purgatory (Overture IV) – 2:07
  • Revenger (feat. Machine Head) – 3:40
  • Sorrow – 4:30
  • Grace (Interlude) : 1-14
  • Ave Maria – 3:26
  • Woe and Pain – 4:01
  • Eschaton – 1:46

Durée totale de l’abum : 45:39

Titre pour le fan de l’énergie passée de BVB : Bleeders
Titre prometteur : Vindicate
Titre ovni : Cut (plus proche de la carrière solo d’Andy Black que de BVB)

Co-auteur : Shatenewton

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