Il y a des soirées où l’on sait, dès les premières minutes, que quelque chose d’un peu rare est en train de se passer. Ce vendredi soir, rue des Petites Ecuries, le New Morning affichait complet. Beaucoup de monde avaient les yeux tournés vers une petite scène qui, depuis 1981, a vu défiler les plus grands. Ce soir, c’était au tour d’Omar Lye-Fook, le king de la Soul, comme on l’appelle. La salle, connue pour son ambiance proche des gens, était pleine et très vivante. Les lumières ont baissé d’un cran. Et quand Omar est entré sur scène, calme, souriant, presque timide, la salle a retenu son souffle une fraction de seconde avant d’exploser.
OMAR
Le line-up de la soirée était d’une qualité remarquable. Un ensemble rodé, complice, dont chaque membre semblait jouer avec la même évidence organique qu’Omar lui-même. Le set a démarré sur un Groove lent et profond, avant qu’Omar ne s’empare du micro. Sa voix chaude, précise, capable de murmurer et de monter sans jamais forcer, a immédiatement capturé la salle. Trente ans de carrière en une heure et demie de bonheur. Révélé en 1991 avec There’s Nothing Like This, Omar a peu à peu bâti un répertoire mêlant un Groove fluide et des harmonies inspirées de la Motown, avec des sonorités plus Electroniques. Ce soir, il en a déroulé le meilleur, de ses classiques des années 90 à des titres plus récents, traversant les époques avec une fluidité déconcertante. Son univers hybride, Soul, Hip-Hop, Jazz et sons Urbains londoniens s’est épanoui pleinement dans ce cadre intime.

Le New-Morning avec son acoustique particulière, est l’une des rares salles parisiennes où ce type de musique trouve sa pleine dimension. Quelques instants forts ont marqué la soirée, une version étirée, presque hypnotique, de Be Thankful, construite sur un dialogue entre la basse et la voix de Omar. Il appartient à cette catégorie rarissime d’artistes qui font l’unanimité des puristes sans jamais sacrifier l’accessibilité. Pas de poses, pas d’effets, juste la musique, servie avec une générosité tranquille. Il a salué le public une dernière fois, chapeau bas, sourire discret. La salle a mis de longues secondes à se vider. Personne n’était pressé de rentrer dans le bruit du monde.



Tous mes remerciements à toute l’équipe du New Morning. A Omar pour nous avoir fait danser et apprécier ce super concert.




