Soirée Gothique énergique à La Rayonne pour finir la semaine. La tournée Tovr Noir de Lord of the Lost s’arrête à Villeurbanne. Comme pour l’intégralité des dates, ils sont accompagnés de 2 autres cultes gothiques que sont Dogma et League of Distortion.
LEAGUE OF DISTORTION
Ouverture de soirée par nos voisins Allemands de League of Distortion. De base assimilés au Darkwave/Electro-Goth, ils présentent plus précisément des sonorités Electro-Industriel, Post-Punk voir aussi dans les termes Dark Cabaret, dans la ligné de Wumpscut ou Hocico par exemple. Formé en 2010, ils possèdent 2 albums à leur actif et prennent ainsi pour la 2nde fois de leur carrière les routes européennes.
Le set s’ouvre sur une salle déjà bien remplie, avec un public visiblement prêt à entrer dans l’ambiance. Malgré un espace scénique réduit, le groupe ne tarde pas à imposer son énergie avec une prestation solide, à la fois électrique et maîtrisée. Largement au niveau attendu pour une première partie. Très vite, la machine se met en route. Le son est propre, la technique vocale assurée et l’ensemble se révèle particulièrement agréable à découvrir pour un public qui ne connaît pas forcément encore le groupe. L’alchimie prend sans difficulté dans la salle, portée notamment par les interventions d’Anna Brunner, qui surprend autant par son aisance que par sa maîtrise inattendue de la langue de Molière. Les morceaux s’enchaînent avec efficacité, entraînant naturellement le public dans le mouvement. Faute de véritable pit, ce sont surtout les headbangs et les vagues de mains levées qui traduisent l’adhésion générale. Sur scène comme dans la fosse, le plaisir est partagé et laisse entrevoir un potentiel plus que prometteur.

DOGMA
La suite se passe avec le projet Dogma. On bascule dans le Metal Indus et Gothique avec ce quatuor rebêle. Dénommées sur scènes par des figures mythologiques féminine associées à la séduction et au surnaturel, on retrouve Lilith (Chant), Lamia (Guitare), Nixe (Bass), and Abrahel (Batterie). Les changements de line up sont réguliers laissant la priorité à l’entité qu’elles jouent. Leur unique album éponyme est sorti en 2023. En 2024, la formation passe à 5 avec l’arrivée de l’entité Rusalka en tant que 2nde guitariste.
On monte clairement d’un cran dans l’intensité sur le papier, avec une proposition plus brutale, presque infernale dans son esthétique. Fidèle à son univers provocateur, le quintet de nonnes investit la scène, oscillant entre déhanchements et intentions plus frontales. Cependant, tout ne se passera pas parfaitement. Le son, d’abord, peine à suivre. Trop brouillon par moments, il vient parasiter la lecture d’un set pourtant pensé pour frapper fort. La chanteuse, habituellement à l’aise dans ces contrastes entre lyrique et growl, apparaît ici plus en difficulté, comme freinée par un mix qui ne lui rend pas vraiment service. Derrière, la batterie cogne, les guitares déroulent, mais l’ensemble manque d’impact, comme si le groupe jouait sans jamais réellement réussir à embarquer la salle. Sur scène, l’attitude reste fidèle à l’image, toujours dans cette provocation assumée, entre sensualité et théâtralité, mais là encore, le peps semble en retrait. L’énergie ne prend qu’à moitié, et le public reste davantage spectateur que véritablement happé par le show. Côté setlist, on retrouve pourtant des titres efficaces comme Father I Have Sinned ou la reprise de Like a Prayer de Madonna, mais même ces moments peinent à décoller dans ces conditions. La fin de set, un peu précipitée, laisse d’ailleurs une impression étrange, comme un rendez-vous manqué, peut-être en partie dû à des soucis côté son.

LORD OF THE LOST
On termine ce triptyque théâtrale Gothique avec Lord of the Lost, groupe emblématique de la scène Dark Rock et Metal Alternatif Européenne. Si certains les découvraient lors de leur passage à l’Eurovision 2023 (il faut le dire avec un résultat reflétant bien la difficulté à laquelle le Metal, quel qu’il soit, doit faire face pour s’imposer sur des scènes mainstream frigides de sensation), ils approchent déjà les 20 ans d’existences et 12 albums studio. Le dernier, Opvs Noir Vol 3, vient de sortir (10/04/2026) et marque la fin de la trilogie d’album initié en 2025 avec leur nouvelle formation à 6.
On garde l’énergie acquise jusque-là et on la conjugue avec un visuel envoûtant et une performance spectaculaire dans cette univers sombre, fil rouge de la soirée. Bien que moins massif musicalement que le groupe précédent, on monte ici plutôt en intensité. La voix de Chris Harms fait trembler les murs et la musicalité est poussée à son paroxysme grâce des artistes multi-instrumentistes. La setlist est des plus entraînante, avec des titres comme I Hate People ou Loreley. Des moments atypique avec avec leur célèbre One Person Circle Pit sur Blood For Blood. Mais l’instant sans contexte qui était le plus attendu concernait La vie est Hell en référence aux Fleurs du Mal de Beaudelaire dans son Spleen IV : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, présent sur leur dernier album. Le public est extrêmement motivé et la salle pleine à craquer n’est pas en reste pour se faire entendre. Il semble d’ailleurs un peu plus réveillé et mobile que précédemment, notamment en sautant fréquemment. A la frontière entre Till Lindemann et Garou, la tessiture de Chris suffit pourtant à nous embarquer dans leur univers. L’œil de notre capteuse d’image y verra d’ailleurs beaucoup de similitudes avec des show à la Eisbrecher (p’tit lien ici en clôture du HF 2025). Instant mignon et drôle, lorsque le groupe organise un lancé d’axolot qui fera étape côté régie avant de trouver son nouveau propriétaire au hasard dans la foule, suivi par des distributions de t-shirts. Des évidences telles que Blood and Glitter (Eurovision) ou encore Cha Cha Cha (en finnois) seront bien sûr réclamées et obtenues. Anna, de League of Distortion, sera également de la partie sur Please Break The Silence. Le groupe poussera tout de même le public à se lancer dans un wall of death qui scindera la salle en deux.

Setlist:
Kill the Lights
My Funeral
Damage
Prison
Forever Lost
Drag Me to Hell
I Hate People
Blood for Blood (one person circle pit)
Priest
In the Field of Blood
I’ll Sleep When You’re Dead
On This Rock I Will Build My Church
In Darkness, in Light
Loreley
La Vie Est Hell (Version Piano Voix)
Winter’s Dying Heart
I Will Die in It
The Things We Do for Love
Doomsday Disco
Blood & Glitter
Please Break the Silence (Feat Anna Brunner)
Cha cha cha (Käärijä cover)
Light Can Only Shine in the Darkness
Ainsi s’achève cette obscure soirée théâtrale aux différents visages. Merci à La Rayonne, Base Productions et SLH Production pour cette représentation Lyonnaise.
Photographies : Shate Newton (Lydie Perrin)
LEAGUE OF DISTORTION
DOGMA
LORD OF THE LOST




