Paris, le 3 avril 2026 – Le Bataclan a vibré à l’unisson de deux des formations les plus électrisantes de la scène vintage européenne. Pour cette escale parisienne de leur Double Bill Tour, les Néerlandais de DeWolff et les Suédois de Blues Pills ont transformé le boulevard Voltaire en un carrefour bouillonnant de fuzz, d’orgue Hammond et de transe psychédélique. Récit d’une soirée où la barrière entre la scène et la fosse a fini par s’effacer totalement devant la ferveur du public.
Ouverture du bal avec DeWolff, qui s’est imposé au fil des années comme une référence incontournable du Rock psyché européen. Le trio néerlandais, emmené par les frères Pablo et Luka van de Poel, cultive un son profondément ancré dans les années 70, entre Rock sudiste, orgue Hammond incandescent et improvisations habitées. Leur actualité est particulièrement dense : après le succès de leur album Muscle Shoals (2024) enregistré dans les légendaires studio FAME en Alabama, le groupe défend sur scène leur tout récent EP, Fuego.
Dès les premières notes de Night Train, le ton est donné : c’est gras, c’est chaud, et ça groove avec une précision métronomique. Le groupe a enchaîné les pépites, alternant entre le psychédélisme étiré de Tired of Loving You, l’efficacité redoutable de In Love et le fougueux Rosita.
Mais au-delà des titres, c’est leur manière de les habiter qui frappe : les morceaux s’allongent, deviennent des jams hypnotiques où l’orgue et la guitare dialoguent sans relâche. Pablo van de Poel, guitariste et chanteur charismatique, a une nouvelle fois prouvé qu’il ne jouait pas sa musique, mais qu’il l’incarnait. N’hésitant pas à quitter ses pédales de fuzz pour descendre directement dans la fosse, confirmant que chez DeWolff, le rock est un sport de contact.

BLUES PILLS
Après une courte pause pour laisser le public reprendre son souffle, ce fut au tour de Blues Pills de prendre possession des lieux. Les Suédois sont en pleine tournée de promotion pour leur album Birthday (2024), un disque synonyme de renouveau, plus introspectif mais tout aussi puissant. Le groupe vient d’ailleurs de sortir un album live, Birthday Live, capturant l’énergie brute qu’ils déploient soir après soir.
Le lien entre la formation et Paris ne date pas d’hier : on se souvient notamment de leur passage mémorable au Trianon en 2016, immortalisé dans un album live capté lors de la tournée Lady in Gold.
Si la musique de Blues Pills est une fusion parfaite de Blues-rock 70’s et de Hard rock moderne, c’est leur performance qui a marqué les esprits. Dès le premier morceau, le décoiffant High Class Woman, Elin Larsson a sauté dans le public. Le ton était donné : l’énergie ne redescendrait plus, jusqu’à cette fin de set durant laquelle elle retourne une ultime fois dans la foule pour pogoter avec ses fans en plein milieu du chaos. Un moment de communion sauvage qui incarne parfaitement l’esprit de ce « Double Bill Tour » : une tournée pensée pour le live, sans filet, sans distance et sans compromis…

La setlist a fait la part belle aux classiques — l’incontournable Devil Man, l’hymne Lady in Gold ou encore la superbe Little Sun — tout en mettant en avant les nouveaux titres comme Birthday, Top of the sky ou Don’t You Love It.
Au final, cette soirée au Bataclan aura tenu toutes ses promesses. Entre la virtuosité de DeWolff et l’énergie brute de Blues Pills, le public parisien a eu droit à ce qui se fait de mieux en matière de Rock authentique. Plus qu’un simple concert, ce « Double Bill Tour » s’est imposé comme une grande fête du live, où la passion et la proximité ont pris le dessus sur tout le reste. Un grand moment de Rock !







