Le 27 mars dernier, le Café de la Danse est devenu l’épicentre d’un séisme sonore baptisé The Honnet Brothers. Pour le baptême de leur premier album, les frères Honnet ont réuni autour d’eux le gotha du Jazz-Fusion français pour une performance où la virtuosité n’a d’égale que la générosité.

Il y a des noms qui circulent avec insistance dans les coulisses de la scène française depuis des années : ceux d’Anthony et Davy Honnet en font partie, habitués à accompagner nombre d’artistes. Le premier, maître des textures organiques à l’orgue Hammond, et le second, batteur implacable, ont décidé de sceller leur complicité fraternelle dans ce nouveau projet commun, quelques années après l’aventure The Krooks (où officiait également Jérôme Cornelis aux guitares, chant et saxophone).

Pour donner vie à l’album D&N sur scène, les deux frères se sont entourés de compagnons de route prestigieux, véritables piliers de la musique instrumentale en France. On a pu ainsi savourer la précision chirurgicale de Jean-Marie Ecay, guitariste légendaire ayant officié auprès de Didier Lockwood, Billy Cobham ou Claude Nougaro, ainsi que les envolées lyriques du saxophoniste Philippe Sellam (fidèle complice de Michel Petrucciani, vu aussi aux côtés de Marcus Miller ou Mike Stern). Le tout magnifié par les percussions de Stéphane Edouard, l’un des percussionnistes les plus sollicités du pays (membre éminent de Sixun), et par les éclats cuivrés de la trompette de Christian Altehülshorst, soliste dont la finesse n’a plus rien à prouver.  Ensemble, ils ont déployé une énergie naviguant entre soul, funk incendiaire et jazz moderne avec une aisance déconcertante.

Dans un élan de transmission pure, Anthony et Davy ont invité leur père à les rejoindre sur scène. Derrière l’orgue Hammond, le patriarche a partagé un morceau avec ses fils, rappelant à l’assemblée que le groove, chez les Honnet, est avant tout une affaire de famille et de sang.

Si le concert a captivé l’audience, c’est aussi grâce à la solidité d’un répertoire adoubé par les plus grands. Sur le disque, on découvre notamment un morceau composé par le géant de la guitare Robben Ford (dont les frères Honnet sont les musiciens sur ses concerts européens), qui y signe un solo d’une élégance absolue. On retient également le single Da Flonck, sur lequel le mythique tromboniste Fred Wesley — l’historique directeur musical de James Brown — apporte sa patte légendaire.

Avec D&N, The Honnet Brothers ne se contentent pas de sortir un album : ils s’imposent comme les nouveaux gardiens d’un jazz-funk vivant, respectueux de ses racines mais résolument tourné vers l’avenir.

Merci à Sophie Louvet pour l’accréditation !

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