Pour ouvrir sa 34e Collection Eté, La Route du Rock a choisi de ne pas faire dans la douceur. A La Nouvelle Vague, les Irlandais de Just Mustard ont plongé le public dans leur univers sombre, hypnotique et abrasif. Une entrée en matière idéale pour un festival qui aime commencer là où d’autres s’arrêtent.
Il y a des groupes qui entrent sur scène. Et puis il y a ceux qui installent une atmosphère avant même d’avoir véritablement commencé.
Avec Just Mustard, le noir n’est pas seulement celui de la salle . Il est dans les guitares, dans les silences, dans cette basse qui semble ramper sous les pieds , dans la voix de Katie Ball, presque spectrale, qui apparaît et disparaît au milieu d’un déluge sonore. Dès les première minutes La Nouvelle Vague change de dimension.

Sur scène, les morceaux deviennent plus physiques. Les guitares de David Noonan et Mete Kalyoncuoglu ne sont pas là pour simplement accompagner les mélodies : elles forment un mur mouvant, parfois étouffant, parfois aérien. La batterie de Rob Clarke maintient une tension presque hypnotique tandis que la basse de Niall Murray donne au tout une profondeur qui semble aspirer la salle.

Et au centre de cette tempête Katie Ball.
Sa voix ne cherche jamais à dominer le vacarme. Elle s’y fond. Elle le traverse. Par moments, elle semble venir de très loin avant de réapparaître soudainement, comme une lumière dans le brouillard.
Le résultat est hypnotique.
La Nouvelle Vague devient alors une sorte de chambre d’écho où les morceaux semblent se prolonger au delà de leur propre durée.
Il serait pourtant réducteur de résumer Just Mustard à son mur du son.
Les interventions vocales de Katie Ball arrivent par fragments, parfois murmurées, parfois plus tranchantes, toujours avec cette froideur qui donne aux compositions leur dimension presque cinématographique.
Une première claque pour La Route du Rock , les dernières notes s’éteignent à la Nouvelle Vague, une chose est certaine, la 34e Route du Rock vient de commencer dans le noir, dans le bruit et de la meilleures des manières.
setlist :
We were just here
Endless deathless
Deaf
Dreamer
Seed
That I might not see
Feeded
Out of heaven
I am you
Pollyanna
Silver
Mirrors
Boo
Sore
Un grand merci à La Nouvelle Vague pour leur accueil, merci à Antoine Bouthmy (Association Rock Tympans) pour cette accréditation.
JUST MUSTARD




