Deux semaines après son passage remarqué au Hellfest, A Perfect Circle retrouvait le Zénith de Paris pour une date très attendue de sa tournée européenne. Précédé d’une première partie intense assurée par Jenny Beth, le groupe de Maynard James Keenan a offert bien plus qu’un concert : une expérience immersive. 

Le thermomètre flirtait encore avec les 35 °C lorsque les portes du Zénith se sont ouvertes. On avait les genoux qui transpirent avec le retour de A Perfect Circle. Deux semaines après le Hellfest, l’un des groupes les plus singuliers de ces 25 dernières années revenait dans un environnement fait pour lui : l’obscurité. 

APC, pour ceux qui vivent dans une grotte, est né en 1999 de la rencontre entre le guitariste Billy Howerdel et Maynard James Keenan, déjà connu comme la voix de Tool. Plus mélodique que son illustre cousin, mais tout aussi exigeant, le groupe s’est imposé comme une référence du Rock Alternatif et du Metal Progressif.

Fidèle à sa réputation, Maynard James Keenan demeure presque invisible. Dissimulé derrière la batterie, englouti par les contre-jours, il refuse d’occuper le centre du tableau. Autour de lui, Billy Howerdel reste l’architecte sonore du groupe, James Iha apporte son élégance légendaire, Matt McJunkins, ancien d’Eagles of Death Metal, verrouille chaque morceau avec une basse d’une précision implacable, tandis que Josh Freese rappelle pourquoi il est considéré comme l’un des batteurs les plus demandés de sa génération. 

Construite comme une lente montée sous pression, la setlist alterne tension et respiration. The Package donne le ton, DisillusionedThe Doomed et Weak and Powerless installent progressivement l’atmosphère avant une reprise d’Imagine tout en retenue. Après un entracte de dix minutes, Counting Bodies Like Sheep… relance la machine pour un final implacable avec StarlessThe Noose et Judith. 

Mais la véritable sixième musicienne du groupe reste sans doute… la lumière.

Un contre-jour suffit à faire disparaître Maynard. Une projection transforme la scène en tableau vivant. Quelques faisceaux découpent les silhouettes des musiciens comme des ombres chinoises géantes. Chaque morceau possède sa propre identité graphique. On ne regarde plus simplement cinq musiciens interpréter un répertoire : on assiste à une succession de tableaux qui respirent au rythme de la musique. 

Pendant près de deux heures, A Perfect Circle n’a pas seulement enchaîné des morceaux. Le groupe a construit une expérience immersive dont on ressort avec la curieuse sensation d’avoir regardé une œuvre plutôt qu’un concert.

Jehnny Beth en ouverture 

Avant l’arrivée d’A Perfect Circle, le Zénith accueillait Jehnny Beth. Révélée au sein du groupe Post-Punk britannique Savages, nommé à deux reprises au Mercury Prize, Jehnny Beth s’est imposée comme l’une des personnalités les plus passionnantes de la scène alternative actuelle. Chanteuse, compositrice, actrice et animatrice de la série musicale Echoes, elle enchaîne les projets avec une liberté déconcertante. Depuis son premier album solo To Love Is To Live (2020), elle a notamment collaboré avec IDLESGorillazSextile ou encore Bobby Gillespie, tout en menant une carrière d’actrice. 

Sur scène, Jehnny Beth ne cherche jamais à séduire. Elle tend immédiatement la salle. Son set avance comme un rouleau compresseur : lourd, nerveux, hypnotique. Malgré sa grande beauté, la jeune femme a balancé un concert à pleine vitesse, intense, porté par l’une des voix les plus singulières de la scène alternative actuelle.

Tout de blanc vêtue, bottes rouges en étendard, Jehnny Beth est montée sur scène avec exactement zéro patience pour les conneries. Je valide complètement cette énergie. Post-Punk jusqu’au bout des ongles, elle était entourée d’un line-up de tueurs. Malgré la bassophobie légendaire du Zénith, le set a retourné une salle venue pour Maynard, donc plutôt sage. En tant que Nordiste je me dois enfin de saluer à la basse le Lillois Hugues Rives qui œuvre actuellement dans Dalaidrama, l’un des groupes les plus exaltants qu’il m’ait été donné de voir à l’Ouest de Bruxelles.

A Perfect Circle

Jehnny Beth

Texte par : La Fosseuse
Photos : Vassago

Retrouvez sur Fosse commune (notre partenaire sur ce concert) un article au ton décalé pour ce même concert ! Croyez-nous ça vaut le détour : https://www.fossecommune.com/index.php/2026/07/08/a-perfect-circle-the-perfect-concert-in-the-dark/

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