En cette fraîche soirée de mars, les infatigables Deluxe repassent par la Ville Rose. Venus défendre leur dernier album Ça fait plaisir, les Aixois affichent complet au Bikini depuis belle lurette. Prêt ? Ajuste ta plus belle moustache : ça va décoiffer.

BIG ASS CAT
Pour ouvrir le bal, le quatuor Big Ass Cat débarque avec une esthétique qui sent bon les années 80. Chemises flashy, dégaine rétro et références assumées à la mécanique auto : le décor est planté. Sur le papier, pourrait prêter à sourire. Sur scène, il explose.
Porté par un groove imparable, le groupe déploie une énergie contagieuse, quelque part entre Casiopea, Snarky Puppy, Plini et, en filigrane, Daft Punk. Une alchimie étonnante, mais redoutablement efficace.

Complicité entre guitaristes

Le Bikini se réchauffe peu à peu. Le public, encore mesuré, se laisse apprivoiser par les premières interactions, timides mais sincères. Qu’importe : sur scène, les sourires sont francs et le plaisir de jouer évident. Entre morceaux issus de leur EP 2024 et nouvelles compositions comme le détonant Datsun, Big Ass Cat déroule un set nerveux, dense, sans temps mort.

En une demi-heure parfaitement maîtrisée, le groupe plie l’affaire avec panache. À ce niveau de précision et de fun, difficile de ne pas imaginer une suite prometteuse.

DELUXE
Deluxe et Toulouse, c’est une histoire d’amour qui ne faiblit pas. Ce soir encore, la salle est pleine à craquer. Et dès les premières notes, le sextet confirme qu’il n’est pas venu faire de la figuration.
Entrée progressive, intro ciselée, et cette fameuse moustache en néon qui surplombe la scène comme un étendard Pop : tout est en place. L’univers visuel, entre Disco scintillant et scénographie 70’s, épouse parfaitement l’ADN d’un groupe qui refuse toujours de se laisser enfermer dans une case.

Un Pépé plein de surprises !

Quatre titres du nouvel album All Over the Country, Michael, Till I Do, TTT ouvrent les hostilités. Le public répond immédiatement. Il faut dire que la recette Deluxe fonctionne toujours aussi bien : une énergie collective, une générosité constante et cette capacité rare à fédérer instantanément.
À six sur scène, l’osmose est totale. Chacun trouve sa place, son moment, son espace. Même le batteur sort du cadre. Kilo, lui, ponctue régulièrement les morceaux de drops Electro bien sentis, injectant une dose de tension supplémentaire à un set déjà bouillonnant.

Et puis il y a Pépé. Véritable électron libre, le saxophoniste ne tient pas en place une seconde. Scène, fosse, balcon : tout devient terrain de jeu. Jusqu’à ce moment surréaliste où son instrument crache des étincelles, transformant le concert en performance quasi pyrotechnique.
Deluxe, c’est la démesure assumée. Une machine parfaitement huilée, certes, mais qui ne donne jamais l’impression de réciter. Chaque instant semble vécu, partagé, amplifié.

Entre les chorégraphies habitées de Liliboy et les interventions du guitariste remplaçant (venu pallier l’absence de Piètre, fraîchement devenu père) le spectacle ne perd jamais en intensité. Les morceaux s’étirent, respirent, se transforment : intros rallongées (Flowers en ouverture acoustique), outros étirées, respirations maîtrisées.
Et quand le groupe pioche dans ses classiques — My Game, Get Down — la salle explose. Les corps se délient, les hanches suivent, l’ambiance devient fiévreuse.

Un Bikini chauffé a blanc

Moment de grâce sur Tall Ground, où le groupe met en lumière son équipe technique, invitée à monter sur scène. Un geste souvent convenu, ici sincère. Jusqu’à voir un technicien assurer les chœurs sur Where the F*ck Is Jason, morceau aux accents Rage Against the Machine, qui finit d’achever un public déjà conquis.

Après un rappel de deux titres, Deluxe conclut avec l’inévitable Moustache Gracias. Le Bikini est à genoux, lessivé mais heureux.
Sur scène comme dans la salle, les visages disent la même chose : mission accomplie.
Et ça, ça fait plaisir !

Deluxe Setlist Le Bikini, Ramonville-Saint-Agne, France 2026

Un grand merci à Joanne pour l’accréditation, et à toute l’équipe du Bikini !

DELUXE

BIG ASS CAT

DERNIÈReS PUBLICATIONS