Déposé par le Temps lui-même au sein du parc de la Villette jusqu’en avril prochain, Prodigy12 est en réalité un voyageur ayant trouvé le temps de nous partager son aventure à travers l’espace multidimensionnel de la réalité. Je m’explique.
Afin de vous en dire assez sans trop vous en révéler, laissez-moi vous conter l’histoire d’un prodigy, le numéro 12, qui tenta de fuir le cours du Temps lui-même.

Imaginez-vous assis sur une sorte de plateforme aux mouvements subtiles pour vous faire ressentir les fluctuations de ce périple. Devant vous, autour de vous et au-dessus de vous, les paysages vous submergent. Vous êtes à Paris, enfin, vous aviez sûrement parié sur autre chose… car ce Paris-là n’est pas normal ! Une voix féminine tente de vous expliquer – vous rassurer, sur votre place, votre position dans un espace sans commune mesure et pour cause ! Les mesures n’existent plus.
Volant donc à travers la ville lumière aux élans architecturaux et atmosphériques surréalistes, vous découvrez un univers qui s’offre à vous. Des notes se font écho dans une perspective sans début ni fin. Un pianiste surgira et s’envolera lui aussi, offrant davantage de profondeur organique à l’ensemble. Le chant aussi, donnant le la à notre voix intérieure qui s’inquiète, à cette voie pourtant à suivre. Vous reconnaîtrez plusieurs lieux emblématiques tels que la cathédrale Notre-Dame ou le Grand Palais avec, pour rythmique persistante, une horloge dévorante… Prodigy 12 se balade, qu’écris-je, sillonne l’intemporel.
Tic-Tac…
Le Temps se rapproche… ou vous vous rapprochez de lui.
Des regards, des yeux, cette intuition visible pour avertira qu’un danger est proche. Vraiment ? Ce danger n’en a sûrement que l’appellation en fonction du point de vue par lequel vous l’observez car plus rien n’a de sens, l’upside down vous emplit. Cette propriété fondamentale de l’Univers que bon nombre ont tenté d’expliquer, de relier à ce qui nous semblait compréhensible voire, de ne plus vouloir le voir, de ne plus l’accepter, est partout et angoisse ; en réalité, ces tentatives le rejettent.

L’ouïe est de nouveau mise à contribution pour mieux discerner ce qui nous semble étranger et donc, dangereux. Plus nous avançons à travers ce récit, somme toute initiatique, plus nous comprenons. Une harpiste viendra épancher notre soif de réponses au compte-gouttes.
Tic-Tac…
Le temps presse et nous venons de nous faire happer ! Il n’est plus question d’attendre mais de comprendre par l’action – la ré-action, à ce tumulte incessant. Une danseuse viendra se mouvoir au rythme d’un cadran hypnotique. Désormais c’est terminé, l’unique réponse à notre grande question était l’acceptation.

L’autorisation, le lâcher-prise de cette unique demande d’avoir plus de temps, plus d’heures, de minutes et de secondes pour vivre et jouir de nos cinq sens. Mais elle est là, éthérée, sur une pirogue où s’entremêlent sons et lumières pour un avenir meilleur…
Ne tardez plus car le temps pas si vite et le 25 avril arrive à grand coups d’aiguilles… !
Photographies : Sander van de Ven
Texte : Sartemys





