Le 7 février 2025, La Cigale de Paris, affichait complet. Une salle pleine à craquer, chauffée à blanc avant même les premières basses. Ce soir-là, Zentone présentait son nouvel album Messenger dans une atmosphère électrique. Très vite, les vibrations ont envahi les murs rouges de la mythique salle parisienne : un public debout, des corps en mouvement, et cette sensation rare d’assister à bien plus qu’un concert, une véritable célébration collective.

Les ténors du Dub français

Zentone, c’est d’abord une histoire de fusion. Celle de deux groupes majeurs de la scène Dub hexagonale: Zenzile et High Tone. Deux entités pionnières qui, dans les années 1990, ont façonné ce que l’on appelle aujourd’hui le « Dub à la française ». Leur nom résume à lui seul cette alliance : “Zen” pour l’approche atmosphérique et introspective héritée de Zenzile, “Tone” pour la puissance des basses et l’esthétique soundsystem portée par High Tone. Le collectif voit officiellement le jour en 2006, animé par une envie commune de repousser les frontières du genre.

Car le Dub, né dans les studios jamaïcains des années 1970, est bien plus qu’un style musical : c’est un art du remix, de l’espace et de l’écho. Héritier des expérimentations de figures comme King Tubby ou Lee Scratch Perry, il a voyagé jusqu’en Angleterre avant d’inspirer toute une génération de musiciens français.

Chez Zentone, cette culture underground devient terrain d’exploration. Leur Dub se nourrit d’Electro, de Rock, d’Ambient, parfois même de sonorités africaines. Une quête de transe collective, instrumentale et immersive, où les machines dialoguent avec les instruments organiques. Une musique engagée aussi, fidèle à l’esprit contestataire et aux valeurs de partage qui ont toujours accompagné le genre.

Vingt ans après leurs débuts communs, les membres du collectif continuent d’ouvrir leur univers à de nouvelles voix et de nouvelles vibrations. Avec Messenger, ils confirment leur capacité à conjuguer profondeur militante et efficacité scénique.

Une Cigale en lévitation

À La Cigale, Zentone a livré une performance magistrale. Les lumières tamisées laissent place à des nappes profondes, puis la basse surgit, massive. La salle tremble. Sur le titre Crash Test, qui porte bien son nom, le bassiste Matthieu Bablée impressionne par son aisance et son intensité. Véritable colonne vertébrale du live, il sculpte l’espace sonore avec une précision redoutable, alternant puissance brute et subtilité rythmique. Le public exulte.

Puis vient l’incroyable show de Jolly Joseph, également chanteur du groupe Dub Shepherds, impressionne par son charisme incandescent, sourire contagieux, voix chaude et engagée : il électrise la salle en véritable chauffeur de foule. Entre messages conscients et refrains fédérateurs, il incarne cet esprit griot jamaïcain, capable d’unir les corps et les consciences dans un même mouvement.

En arrière-plan, le duo redoutablement efficace formé par Julien et Fabrice Oresta, membres fondateurs de High Tone, pilote les machines et les textures sonores avec une maîtrise impressionnante. Chaque delay, chaque montée, chaque rupture est millimétrée, l’alchimie opère.

Ce 7 février, Zentone n’a pas simplement joué à Paris. Le collectif a transformé La Cigale en caisse de résonance d’un Dub moderne, libre et profondément humain. Une musique de résistance et de transe, qui continue, album après album, de faire vibrer les consciences autant que les murs.

Nous remercions Melodyn pour l’accréditation photos ainsi que La Cigale pour son accueil.

Setlist :

– Tricky City
– Messenger
– Hotter Than Hot
– Zentown
– Disobey
– Tomorrow
– The Source
– Call I a Dreamer
– Make You Cry
– Crash Test
– No Water
– Take a Draw
– Riverside
– Counter Strike Dub
– Trouble I See

 

DERNIÈReS PUBLICATIONS