Le 10 janvier, l’Européen affichait complet pour une soirée pas tout à fait comme les autres. Sur scène, Yves Jamait ne venait pas seulement interpréter des chansons : il venait raconter une filiation. Avec Maxime et moi, le chanteur dijonnais proposait bien davantage qu’un hommage, déroulant le fil d’une histoire musicale et humaine qui l’accompagne depuis toujours, et ce devant les yeux de son maître assis dans la salle.
Yves Jamait occupe depuis une vingtaine d’années une place singulière sur la scène française. Héritier de la chanson à texte, artisan des mots simples et justes, il a su s’imposer sans jamais renier ses racines populaires. À l’écart des effets de mode, Jamait avance avec une fidélité rare à ce qui l’a construit : la langue française, les histoires de vies ordinaires, et les grandes figures tutélaires de la chanson. Parmi elles, Maxime Le Forestier tient une place à part. Un phare, un compagnon de route.
Sur scène, cette fidélité se double d’une présence charismatique et chaleureuse. Yves Jamait parle beaucoup, raconte, plaisante, installe une complicité immédiate avec le public. Son humour allège l’émotion sans jamais la désamorcer. À travers les chansons, Yves Jamait raconte son histoire avec Maxime Le Forestier, la découverte de son œuvre, la résonance intime de ses textes, puis la rencontre, tardive mais décisive, à la fois musicale et profondément humaine. Une histoire de transmission, de reconnaissance et de respect mutuel.
La soirée débute dans un dépouillement total. Yves Jamait arrive seul sur scène, a cappella, avec une simple lumière qui dessine sa silhouette. Sa voix, nue et grave, impose immédiatement le silence. Puis il est rejoint par ses deux guitaristes : Jérôme Broyer, dijonnais comme lui, compagnon fidèle qui l’accompagne depuis dix ans, et Michel Haumont. Présence discrète mais impressionnante, Haumont est l’un des très grands guitaristes français, musicien d’exception à la carrière impressionnante, qui a notamment accompagné Maxime Le Forestier pendant de nombreuses années. La filiation se joue aussi là, dans les doigts, dans les cordes, dans cette manière d’habiter la chanson sans l’écraser.
Le choix du lieu n’avait rien d’anodin. C’est dans cette même salle de l’Européen que Maxime Le Forestier avait présenté en 2019 son spectacle Brassens et moi. C’est à cette occasion qu’Yves a rencontré Maxime. Ce soir de janvier, sur cette même scène, la boucle est bouclée.
Deux heures durant, Yves Jamait interprète l’intégralité des chansons de son album Maxime et moi, sorti en septembre dernier. Il s’approprie ces chansons avec sa voix, son vécu, son grain, laissant intacte leur poésie tout en leur offrant une autre respiration. Chaque titre devient un fragment de récit, un chapitre de cette histoire partagée.
Les titres s’enchaînent avec une évidence naturelle : Comme un arbre, L’Homme à tête de loup, La Salle des pas perdus, Mon frère, Les jours meilleurs, Je ne sais rien faire, Antipodes, Les feuilles, Mentir, Raymonde…Mais aussi d’autres titres du répertoire emblématique de Maxime Le Forestier comme Je m’en fous de la France, Mémoires d’une table, et bien sûr San Francisco servie en rappel seul à la guitare.
Moment de grâce absolue lorsque résonnent les premières notes de Né quelque part. La chanson est reprise en chœur par le public, porté par une ferveur rare. Dans la salle, Maxime Le Forestier est présent. Il chante lui aussi, discrètement, mêlé aux voix anonymes. L’émotion est palpable, simple, vraie.
Pour refermer cette soirée, Yves Jamait choisit J’ai eu trente ans. Un dernier salut en forme d’écho. Les mots résonnent longtemps après la dernière note, et ce « bonsoir » glissé dans la chanson sonne comme une adresse directe, douce et définitive. Bonsoir au public. Bonsoir à l’ami. Bonsoir à celui qui, depuis toujours, éclaire sa route.
À l’Européen, Yves Jamait n’a pas seulement interprété les chansons de Maxime Le Forestier : il a raconté un parcours, une filiation, et une fidélité rare.
Nous remercions Blue Line pour l’accréditation, l’Européen pour son accueil ainsi que l’équipe d’Yves Jamait pour sa sympathie. Un merci tout particulier à Maxime Le Forestier.


![James Blunt – Some Kind of Trouble [Atlantic Records]](https://www.melolive.fr/wp-content/uploads/2025/07/james_blunt_some_kind_of_trouble_melo_live.jpg)

